« J’ai réitéré la gratitude des États-Unis envers le rôle vital et continu de l’Algérie ainsi que pour ses efforts diplomatiques visant à promouvoir la paix et la sécurité dans la région», a écrit Massad Boulos
Les relations entre l’Algérie et les États-Unis connaissent une nouvelle dynamique, notamment dans les domaines sécuritaire, économique et diplomatique.
C’est ce qu’a laissé apparaître la rencontre tenue à Washington entre Massad Boulos, principal conseiller du président américain pour les affaires arabes et africaines, et l’ambassadeur d’Algérie aux États-Unis, Sabri Boukadoum, en présence du chargé d’affaires de l’ambassade américaine à Alger, Mark Shapiro.
Dans un message publié sur la plateforme X, Massad Boulos a qualifié les discussions de «constructives», soulignant la volonté des deux pays de consolider davantage leur partenariat stratégique. Les échanges ont notamment porté sur la visite effectuée fin avril à Alger par Christopher Landau, numéro deux du département d’État américain, accompagné du général Dagvin Anderson, commandant de l’AFRICOM.
Une visite qualifiée de «fructueuse et réussie» par les responsables américains et qui traduit l’importance accordée par Washington à la coopération avec Alger dans les questions liées à la sécurité régionale et à la lutte contre les menaces transfrontalières.
Au-delà du volet sécuritaire, les deux parties ont également évoqué le développement des relations économiques entre les deux pays. Massad Boulos a mis en avant la présence de près de 120 entreprises américaines en Algérie ainsi que les opportunités d’investissement dans le secteur de l’énergie et d’autres domaines stratégiques.
«Nous avons étudié les opportunités d’élargir les investissements dans le secteur de l’énergie ainsi que dans d’autres secteurs», a-t-il précisé. Le responsable américain a insisté sur la nécessité de «renforcer davantage les relations bilatérales en matière de sécurité et d’élargir la coopération régionale», tout en saluant le rôle de l’Algérie dans la stabilité du continent africain et de l’espace sahélo-maghrébin.
«J’ai réitéré la gratitude des États-Unis envers le rôle vital et continu de l’Algérie ainsi que pour ses efforts diplomatiques visant à promouvoir la paix et la sécurité dans la région», a écrit Massad Boulos, mettant particulièrement en avant les initiatives diplomatiques algériennes dans plusieurs dossiers régionaux.
Sahara occidental : «Il est temps de parvenir à une solution»
Le dossier du Sahara occidental a également occupé une place importante dans les discussions entre les deux responsables.
Massad Boulos a salué «l’engagement constructif» de l’Algérie en faveur d’une solution mutuellement acceptable à ce conflit qui dure depuis 1975, conformément à la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU. «Il est temps de parvenir à une résolution», a affirmé le conseiller américain, plaidant pour une avancée politique dans ce dossier qui demeure l’un des principaux foyers de tension en Afrique du Nord.
Le conflit du Sahara occidental continue toutefois de susciter des divergences, notamment après le soutien affiché par Washington aux thèses marocaines concernant la souveraineté sur le territoire sahraoui occupé, une position qui alimente les critiques sur le rôle des États-Unis dans le processus de règlement de ce conflit.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs estiment que l’Algérie demeure un acteur incontournable dans toute tentative de stabilisation régionale. L’Algérie, pour rappel, n’a pas participé au vote de la résolution 2797 qui prolonge le mandat de la Minurso jusqu’a octobre 2026.
«Mon pays n’a pas participé au vote sur ce projet de résolution (…) Par cette absence, et en toute responsabilité, l’Algérie a tenu à illustrer sa prise de distance avec un texte qui ne reflète pas fidèlement et qui ne reflète pas suffisamment la doctrine onusienne en matière de décolonisation», avait alors expliqué représentant permanent auprès des Nations Unies, Amar Bendjama
. Il avait toutefois estimé que des améliorations ont été apportées au texte initial, puisqu’il rappelle «les paramètres fondamentaux d’une solution juste et durable au conflit du Sahara occidental» et «consacre le droit inaliénable du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination».
La résolution finale réaffirme en effet le principe d’autodétermination comme base juridique du processus onusien, tout en mettant explicitement en avant le plan d’autonomie marocain qui «pourrait représenter la solution la plus faisable».
S. Mekla
