Alors que les préparatifs étaient déjà engagés, Madrid aurait informé Alger du report sine die de la réunion de haut niveau prévue en octobre. Une décision qui soulève de nouvelles interrogations sur l’état du rapprochement entre les deux capitales.
Coup de froid entre Alger et Madrid ? La réunion de haut niveau (RAN) algéro-espagnole, prévue les 20 et 21 octobre à Madrid, a été reportée sine die. Selon le média espagnol The Objective, le gouvernement de Pedro Sánchez a informé Alger de cette décision à la dernière minute, alors que les préparatifs de cette huitième session étaient déjà engagés.
Ce report intervient dans un contexte diplomatique particulièrement sensible pour Madrid, notamment à l’approche de la visite du roi Felipe VI à Ceuta et Melilla, prévue les 13 et 14 octobre.
La décision espagnole intervient quelques jours seulement après la tenue, à Madrid, d’une session de consultations politiques entre les deux pays. À cette occasion, le secrétaire général du ministère algérien des Affaires étrangères, Lounès Magramane, et le secrétaire d’État espagnol aux Affaires étrangères et mondiales, Diego Martínez Belío, avaient notamment évoqué la préparation de la RAN d’octobre.
Un changement de cap inattendu
Le report intervient alors que Madrid et Alger semblaient avoir amorcé une nouvelle phase de rapprochement après plusieurs années de tensions.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, avait rencontré le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, le 24 septembre à New York, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Les deux responsables avaient notamment évoqué le renforcement des relations bilatérales et la préparation de la réunion de haut niveau.
«Nous continuons à renforcer les bonnes relations avec un pays voisin et partenaire. La stabilité et la prospérité de la Méditerranée constituent un engagement partagé», avait alors déclaré Albares.
Ces échanges intervenaient après plusieurs démarches de Madrid visant à rétablir les relations avec Alger, fortement dégradées depuis le changement de position de l’Espagne sur la question du Sahara occidental.
Des signes de rapprochement étaient toutefois apparus en 2026. Lors de sa dernière visite en Algérie, Pedro Sánchez avait qualifié notre pays de
«partenaire stratégique» de l’Espagne et affiché sa volonté d’approfondir la coopération bilatérale et le dialogue politique. Alger avait, de son côté, présenté cette étape comme une occasion de renforcer la coopération dans plusieurs domaines.
Le report de la RAN constitue ainsi un nouveau développement dans une relation qui semblait s’inscrire dans une dynamique de normalisation.
La dernière réunion de haut niveau entre les deux pays remonte à avril 2018, à Alger, sous le gouvernement de Mariano Rajoy. Cette rencontre avait notamment porté sur le renforcement de la coopération énergétique et du dialogue bilatéral.
Des répercussions économiques en perspective
Le report intervient alors que plusieurs rendez-vous économiques étaient programmés entre Alger et Madrid. La Chambre de commerce et d’industrie espagnole devait notamment organiser, le 14 octobre, un forum sur les opportunités d’investissement en Algérie, avec un focus sur l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, l’agroalimentaire, les transports et la logistique.
Prévu quelques jours avant la RAN, ce forum devait accompagner la relance des échanges économiques. Le report de la réunion de haut niveau ajoute désormais une nouvelle incertitude à cette dynamique.
Synthèse Smail Rouha
