Après la présidente du Conseil italien, Giorgia Melloni, c’est au tour du ministre espagnol des affaires étrangères, José Manuel Albares, de poser le pied en Algérie.
D’après les informations rapportées par le média espagnol The Objective, l’Algérie devrait officialiser, à l’occasion, une hausse significative des volumes de gaz naturel transitant par le gazoduc Medgaz. Les autorités algériennes informeront le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, à l’occasion de sa visite, de leur accord pour augmenter les volumes de gaz vers l’Espagne.
Le quotidien ibérique précise que les flux quotidiens passeraient de 28 à 32 millions de mètres cubes, soit une progression de 12,5 %. Ce coup d’accélérateur permet à l’infrastructure d’atteindre quasiment sa capacité maximale, sécurisant ainsi l’approvisionnement espagnol face à la volatilité des marchés. Cette décision dépasse le simple cadre commercial.
Comme le souligne la même source, Alger entend saluer la posture diplomatique de Madrid sur les dossiers brûlants du Moyen-Orient, notamment les crises à Gaza et en Iran. L’analyse publiée par le journal rappelle que le gaz acheminé par pipeline reste bien plus compétitif que le gaz naturel liquéfié (GNL) américain, dont les tarifs ont récemment bondi de 20 % sur l’indice TTF néerlandais.
Le gaz acheminé par pipeline, comme celui de Medgaz, reste en effet moins coûteux et plus stable que le gaz naturel liquéfié transporté par méthaniers, soumis aux fluctuations du marché mondial.
Pour rappel, l’Algérie avait vu sa position de premier fournisseur de l’Espagne ravie par les Etats-Unis. Une situation que The Objective lie directement à la crise diplomatique passée.
La demande espagnole, formulée il y a plusieurs semaines, s’inscrit dans un contexte de tensions accrues après les affrontements impliquant les États-Unis et Israël, qui ont entraîné une hausse notable des prix du gaz et du pétrole sur les marchés internationaux.
Cette recomposition énergétique reflète une diversification des sources d’approvisionnement espagnoles, mais aussi les répercussions de la crise diplomatique passée entre les deux pays. L’ouverture des vannes du Medgaz apparaît donc comme une manœuvre stratégique pour regagner du terrain. Après plus de deux ans de tensions ayant coûté plusieurs milliards d’euros aux échanges commerciaux, les deux pays semblent engagés dans une phase de normalisation.
La guerre au Moyen-Orient a donné à l’Algérie une opportunité de se repositionner comme un partenaire privilégié en énergie pour les pays européens affectés par les récents bouleversements énergétiques.
S. Smati
