La baisse des prix du pétrole, la transition énergétique mondiale, et la nécessité de diversifier l’économie sont des défis importants pour l’Algérie qui cherche à renforcer sa position dans la région. Pour cela, l’Algérie via l’agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT) envisage de lancer un nouveau cycle de licences pour l’exploration du pétrole et du gaz. Ce deuxième cycle intitulé «Algeria Bid Round 2025», devrait se tenir soit au mois d’octobre 2025, soit au premier trimestre de 2026. Cet appel d’offres comprend plusieurs zones d’exploration, notamment dans le sud-ouest du pays. Le nombre de zones d’exploration va de 4 à 6 zones, avec des zones onshore et offshore pour l’attribution de licences d’exploitation pour un total de 17 lots.
L’objectif de cet appel est de renforcer l’exploration et la production d’hydrocarbures, attirer les investissements étrangers et diversifier les sources d’énergie. L’appel d’offres fait suite au succès de l’appel d’offres Algeria Bid Round 2024, qui a suscité un vif intérêt des compagnies internationales. Les appels d’offres internationaux sont destinés à attirer les investissements et développer son potentiel en hydrocarbures, dans un contexte de renforcement de la coopération avec les compagnies internationales et d’ouverture du secteur à de nouveaux acteurs. Les efforts et les investissements menés par l’Algérie doivent permettre également de répondre à une demande intérieure croissante. La consommation intérieure qui représente environ 54% de la production nationale comptera pour 80% du total de la production en 2030. L’Algérie fait face à une baisse de production dans son secteur clé des hydrocarbures qui représente environ 95% de ses exportations, selon la Banque mondiale. La production nationale d’hydrocarbures a enregistré une baisse de 3,3 % au premier trimestre 2025, selon les chiffres publiés par l’Office national des statistiques (ONS). Le recul est encore plus marqué pour le gaz naturel, dont la production a chuté de 17,5 % sur la même période. En moyenne, la production d’hydrocarbures en Algérie a reculé de 8 % sur les douze derniers mois. Pour y faire face, l’Algérie a octroyé dernièrement à cinq firmes étrangères des permis d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures dans le cadre d’un appel d’offres pour cinq lots mi-juin, le premier depuis dix ans.
Plusieurs de ces lots concernent des gisements de gaz. Les contrats signés couvrent une durée de trente ans, incluant sept années consacrées aux phases d’exploration. L’enveloppe financière globale avoisine les 936 millions de dollars, répartis entre exploration (533 millions) et développement (403 millions). En parallèle de ce processus, des discussions bilatérales se poursuivent avec des géants comme ExxonMobil et Chevron, particulièrement intéressés par le potentiel en hydrocarbures non conventionnels. Ces négociations pourraient déboucher sur des accords concrets avant la fin 2025. Ce nouveau cycle d’attribution intervient dans un contexte sectoriel difficile. Les cinq contrats signés en juillet ciblent l’exploitation de réserves estimées à 700 milliards de m³ de gaz et 560 millions de barils de pétrole, répartis sur des sites comme Ahara, Toual ou Zirafa. En avril 2025, les exportations du brut algérien ont bondi à 492 000 barils par jour, soit leur plus haut niveau mensuel depuis octobre 2022.
L’Algérie devrait produire 11.000 barils de brut supplémentaire d’ici septembre dans le cadre de la relance de la production décidée par l’OPEP. Pour le gaz, les perspectives pour 2030 concernant les hydrocarbures sont un mélange de défis et d’opportunités.
M.T.
