Alger et Damas affichent une volonté commune de renforcer leur coopération, à l’issue d’une visite qualifiée d’«historique» par le chef de la diplomatie syrienne.
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad Al-Chaibani, a qualifié sa visite en Algérie de «historique», à l’issue d’un déplacement marqué par une série d’entretiens de haut niveau avec les autorités algériennes, dont le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Dans une déclaration accordée à Al Jazeera, le chef de la diplomatie syrienne a souligné que cette visite a permis d’aborder plusieurs axes stratégiques, allant du renforcement des relations bilatérales à la relance des mécanismes de coopération économique et institutionnelle.
Une nouvelle approche des relations
Selon Asaad Al-Chaibani, les discussions avec la partie algérienne ont mis en avant la volonté de construire une relation fondée sur «la coopération, l’équilibre et l’ouverture». Le ministre a insisté sur l’importance de cette phase pour la Syrie actuelle, qu’il a décrite comme engagée dans un processus de reconstruction et de réorganisation de ses institutions.
Il a également affirmé que l’Algérie a exprimé une disposition claire à soutenir la Syrie dans cette étape sensible, notamment à travers le partage d’expériences et le développement de partenariats dans différents secteurs.
Diplomatie, économie et infrastructures
Les échanges ont porté sur plusieurs projets concrets, notamment la relance des liaisons aériennes entre les deux pays et la réactivation de la commission mixte supérieure, considérée comme un instrument central pour structurer la coopération bilatérale.
Sur le plan économique, le ministre syrien a mis en avant l’intérêt de Damas pour l’expertise algérienne dans le domaine de l’énergie, qualifiant l’Algérie de pays pionnier. Il a exprimé la volonté de la Syrie de bénéficier de l’expérience algérienne dans l’exploration et la réhabilitation des infrastructures pétrolières, ainsi que dans l’amélioration du secteur électrique, fortement affecté par les années de conflit.
Coopération sécuritaire
La dimension sécuritaire a également occupé une place importante dans les discussions. Le ministre a évoqué les efforts en cours pour la reconstruction des institutions sécuritaires syriennes, dans une logique de protection du citoyen et des frontières.
Lors de sa rencontre avec le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, en présence du chef des services de renseignement syriens Hussein Al-Salama, les deux parties ont abordé des questions liées à la modernisation administrative, à la numérisation des services sécuritaires, ainsi qu’à la gestion et la protection des frontières. La Syrie a exprimé sa volonté de tirer profit de l’expérience algérienne dans ce domaine, souvent citée comme référence dans la région.
Un repositionnement diplomatique
La visite intervient dans un contexte de recomposition des relations extérieures de la Syrie. Damas cherche à élargir ses partenariats arabes et à renforcer son intégration régionale, après plusieurs années d’isolement et de destruction des infrastructures nationales.
Dans ce cadre, la publication officielle syrienne a qualifié la visite de «première du genre» depuis la mise en place de la nouvelle administration dirigée par le président Ahmed al-Charaa, soulignant son importance politique et symbolique.
Vers un partenariat renforcé
Au-delà du protocole diplomatique, cette visite semble ouvrir la voie à une dynamique de coopération plus structurée entre Alger et Damas. Les deux pays affichent une volonté commune de renforcer leurs relations dans les domaines économique, énergétique et sécuritaire, tout en réactivant les cadres institutionnels de dialogue.
Pour Damas, l’Algérie apparaît comme un partenaire clé, à la fois pour son expérience en matière de reconstruction et pour son rôle diplomatique dans le monde arabe. Pour Alger, cette relance s’inscrit dans une logique de diversification des partenariats et de consolidation de son influence régionale.
Une étape qui, selon les deux parties, pourrait marquer le début d’un nouvel élan dans les relations syro-algériennes.
Assia M.
