Depuis les bureaux des Nations unies à Genève, le président du Conseil national palestinien (CNP), Rawhi Fattuh, a lancé un cri d’alarme sur la situation dramatique à Ghaza. Lors d’une conférence de presse, il a accusé la Fondation humanitaire de Ghaza (GHF), un mécanisme mis en place par l’entité sioniste avec le soutien des États-Unis, de détourner l’aide humanitaire en instrument de mort. «Ces centres de distribution ne sont plus des lieux de secours, mais des lieux d’exécution», a-t-il déclaré, pointant du doigt des pratiques qu’il qualifie de criminelles à l’encontre de la population palestinienne.
Selon Fattuh, de nombreux civils venus chercher des vivres sont tombés sous les balles de l’armée sioniste ou de gardes américains déployés sur place. Il affirme que «des dizaines de martyrs palestiniens tombent chaque jour» et que plus de 1 000 personnes ont été tuées depuis le mois de mai en tentant simplement d’obtenir de l’aide alimentaire. Face à cette situation, il appelle l’Organisation des Nations unies, et plus particulièrement l’UNRWA, forte de 36 années d’expérience dans la région, à reprendre le contrôle exclusif de la distribution humanitaire dans la bande de Ghaza.
Il rejette fermement la légitimité de la GHF, dénonçant une «trahison de la mission humanitaire» orchestrée par des puissances étrangères. Le président du CNP recommande également que le Croissant-Rouge palestinien, en coordination avec le Comité international de la Croix-Rouge, prenne en charge la gestion médicale dans l’enclave assiégée, où les hôpitaux sont soit détruits, soit hors service.
En parallèle à cette dénonciation, le Conseil national palestinien a adressé un appel solennel à tous les parlements du monde. Dans un document daté du 20 mai 2025, il exhorte les législateurs à prendre des mesures urgentes, soulignant une situation humanitaire qualifiée de «catastrophique». Il y est question de destructions massives, de famine, d’épidémies, et d’un effondrement total des structures médicales. Rafah, ville du sud de la bande de Ghaza, est décrite comme «entièrement rasée».
Le CNP propose la création d’un fonds de secours humanitaire international, sous supervision onusienne, qui pourrait être géré par l’UNRWA afin de garantir une distribution équitable, transparente et efficace de l’aide. Il suggère que chaque pays membre y contribue à travers des dons symboliques, équivalents à un repas, une bouteille d’eau, du lait infantile ou des médicaments essentiels. Ce geste, selon lui, permettrait de sauver des milliers de vies dans un contexte où la simple survie est devenue un défi quotidien pour les Palestiniens.
Sur le plan politique, Fattuh s’est également félicité de la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par la France et le Royaume-Uni, la qualifiant d’«avancée cruciale vers la paix». Il a rejeté les allégations selon lesquelles cette reconnaissance constituerait une récompense pour le Hamas. «Cette décision est une récompense pour la paix, pas pour un groupe armé», a-t-il affirmé, appelant d’autres nations à suivre cet exemple afin de favoriser une solution politique juste et durable.
Un cri pour mobiliser la communauté internationale
L’appel du CNP intervient alors que la communauté internationale peine à imposer un cessez-le-feu durable dans la bande de Ghaza. Malgré les nombreuses résolutions et appels des organisations humanitaires, les violences se poursuivent, exacerbant une crise sans précédent. Dans ce contexte, les déclarations de Fattuh visent à mobiliser les consciences et à rappeler que, au-delà des intérêts géopolitiques, ce sont des vies humaines qui sont en jeu.
Plus que jamais, la question palestinienne se trouve à un carrefour historique, où chaque décision prise par les instances internationales peut infléchir le cours des événements. Pour Rawhi Fattuh et le Conseil national palestinien, il s’agit aujourd’hui non seulement de dénoncer, mais d’appeler à des actions concrètes pour mettre fin à l’effondrement humanitaire et réaffirmer le droit du peuple palestinien à vivre dans la dignité, la sécurité et la paix.
A.M.
