Les yeux seront braqués demain vers la salle qui abrite les procès relatif à la malversation où la présidente de la 10e chambre pénale, Mme Dahmani Naima prononcera le dispositif dans l’affaire dite «Wissam Bijoux» après plus de 15 jours d’attente des mis en cause pour connaitre le sort que leur ont réservé les magistrats.
Par Redouane Hannachi
Le dossier en question a été confié à la conseillère Mme Yousfi Asma qui a suivi attentivement tous les débats. La juge était très bien informée par rapport aux faits reprochés à chacun des prévenus. Lors des débats, elle a été épaulée par la présidente à laquelle elle précisé la responsabilité qui incombe à chacun des accusés. En effet, le procureur général près la Cour d’Alger qui représente le ministère public au niveau de la première chambre pénale, a requis au cours de son bref réquisitoire, des peines aggravantes contre tous les mis en cause arguant que toutes les preuves légales et matérielles relatives aux accusations sont formelles. Le procureur général a par ailleurs requis la confiscation de tous les biens mobiliers et immobiliers, des comptes bancaires (en dinars et en devise) appartenant aux inculpés. Le même procureur a requis en outre la saisie de tous les biens enregistrés aux noms des familles des inculpés, que ce soit en Algérie ou à l’étranger. Pour les sociétés notamment étrangères impliquées, le procureur général a requis leur interdiction d’exercer sur le territoire national. Lors de son passage à la barre, le principal inculpé, Mansour Karim Salah a nié tous les faits qui lui sont reprochés. S’adressant à la présidente chargée du dossier il a affirmé: «Je suis choqué des déclarations rapportées dans les procès-verbaux établis par les services de la police judiciaire. Je n’ai jamais avoué avoir agi de la sorte. Mon seul tort est d’avoir coincé les grossistes du marché noir». «Je fais l’objet d’un coup monté de toutes pièces par des soi-disant commerçants qui n’ont jamais travaillé dans le secteur de l’or. J’importais l’or d’Italie. J’ai toujours respecté les procédures des transferts des capitaux», a-t-il encore ajouté.
Le directeur de «Wissam bijoux» a déclaré que l’inculpé Louaiel Omar n’a rien à voir dans cette affaire et qu’il l’avait rencontré par pur hasard à la banque. Le fait marquant dans ce procès était le témoignage de l’inculpé Djelloudi qui a déclaré à la présidente que l’inculpé Mansour Karim Salah leur remettait des chèques pour les encaisser sans qu’il ne les reçoive dans son bureau. C’est un intermédiaire qui le fait a-t-il assuré. Certains avocats ont affirmé à l’audience que la juge d’instruction chargée de l’enquête judiciaire a saisie 6 millions d’euros et 60 kg d’or. Par ailleurs, la société AGENOR a demandé une réparation matérielle estimée à 20 millions de dinars. Certains avocats de la défense ont sollicité dans leurs plaidoiries la relaxe pure et simple de leurs clients arguant que ces derniers font l’objet d’un coup monté de toutes pièces, accusant «les enquêteurs de la police judiciaire», d’en être les auteurs. Ils ont par ailleurs estimé que la juge d’instruction n’a pas tenu compte de beaucoup de détails et «a axé son travail» sur les seuls procès verbaux établis lors de l’enquête préliminaire.
Il convient de signaler que la juge d’instruction a saisie 6 millions d’euros et 60 kg d’or au cours de l’enquête judiciaire. Elle a par ailleurs procédé à la saisie de pas moins de 50 passeports et 70 comptes bancaires. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions sur l’issue du procès.
R.H
