Le procureur de la République près le tribunal correctionnel de Dar El Beida dépendant de l’autorité judiciaire la Cour d’Alger que préside la présidente Mme Guellati Douniazed a requis, avant-hier, jeudi, une peine de sept ans de prison a l’encontre de Belghit Mohamed El Amine accusé de racisme et d’incitation à la haine.
Par : Redouane Hannachi
Le même procureur a requis une amende de 500 000 dinars car il a estimé que les faits reprochés au mis en cause sont formels notamment en ce qui concerne l’intention de nuire à autrui. Le directeur général du trésor public en l’occurrence Ould Hamrane Abdenour a demandé la préservation des droits. Les avocats de la défense et à leur tête maitre Amara Abdelhamid ont purement et simplement sollicité la relaxe de leur client arguant que « la vidéo objet de la poursuite judiciaire devait être suivie jusqu’à la fin». Elle a été selon eux «censurée et coupée ce qui a rendu son contenu ambigu». Les quatre avocats ont estimé que leur client n’avait nullement l’intention de nuire à quiconque. Interrogé le mis en cause a clamé haut et fort à son innocence. Il a déclaré: «Je suis fier d’être un algérien. J’aime l’Algérie et je ne peux pas m’en passer. Je visais par les émigrés les pieds-noirs et non les Kabyles. Les Kabyles sont mes frères et mes sœurs qui ont lutté pour que l’Algérie reste et restera debout. Le mot que j’ai utilisé a été mal interprété. Je demande pardon à tous ceux et celles qui se sont sentis visés». Pour rappel, Les juges de la chambre d’accusation de la cour d’Alger ont confirmé, récemment, l’ordonnance du juge d’instruction du tribunal de Dar El Beida relative à la mise en détention provisoire du professeur universitaire Belghit Mohamed Amine.
Ainsi, les magistrats chargés du dossier ont répondu favorablement au réquisitoire du procureur général près la cour d’Alger quant au refus catégorique de la demande du collectif des avocats de la défense du mis en cause Belghit Mohamed Al Amine, à savoir la liberté provisoire. Les avocats ont estimé à travers leurs plaidoiries que leur client présente toutes les garanties stipulées dans le code de procédures pénales pour bénéficier de cette mesure. A signaler que le juge d’instruction près le tribunal de Dar El-Beida a ordonné le placement en détention provisoire du concerné, suite à ses déclarations télévisées ciblant l’identité nationale et portant atteinte aux symboles et constantes de la nation. Dans un communiqué adressé à la presse nationale, le parquet de la République près le même tribunal avait alors indiqué : «Conformément aux dispositions de l’article 11 du Code de procédure pénale, le parquet de la République près le tribunal de Dar El-Beida informe l’opinion publique que suite à la large diffusion sur les réseaux sociaux d’un extrait vidéo d’une interview télévisée entre une journaliste d’une chaîne dite +Sky News Arabia+ et le dénommé Belghit Mohamed Amine, où il a déclaré que «l’amazighité serait un projet franco-sioniste, et vu que ces propos constituent une violation des principes fondamentaux de la société algérienne, consacrés par la Constitution, et une atteinte flagrante à une composante essentielle de l’identité nationale, ainsi qu’à l’unité nationale et aux symboles et constantes de la nation, le parquet de la République a ordonné, le 1 mai 2025, l’ouverture d’une enquête préliminaire et l’arrestation du suspect», a précisé la même source.
«En date du 3 mai 2025, le mis en cause a été déféré devant le parquet, qui a engagé des poursuites judiciaires à son encontre à travers l’ouverture d’une information judiciaire pour : crime d’atteinte à l’unité nationale par un acte ciblant l’unité nationale aux fins de porter atteinte aux symboles de la Nation et de la République, délit d’atteinte à l’intégrité de l’unité nationale, et délit de diffusion de discours de haine et de discrimination via les technologies de l’information et de la communication », selon la même source. «A l’issue de l’interrogatoire de l’accusé, le juge d’instruction a ordonné son placement en détention provisoire», a conclu le communiqué.
L’affaire est mise en examen par le président du tribunal correctionnel de Dar El Beida. Le verdict sera prononcé le jeudi prochain
R.H.