Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf a souligné que l’accord d’Alger demeure « un jalon historique dans le processus de paix entre les deux nations ».
Le 25ᵉ anniversaire de l’Accord d’Alger, signé en 2000 pour mettre fin à la guerre meurtrière entre l’Éthiopie et l’Érythrée, constitue une occasion majeure de réflexion sur le chemin parcouru et les défis encore présents dans la Corne de l’Afrique. Pour Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, cet accord demeure « un jalon historique dans le processus de paix entre les deux nations », soulignant que les peuples éthiopien et érythréen aspirent toujours à la coopération et à la prospérité partagée.
Signé sous l’égide de l’Algérie, l’Accord d’Alger a mis fin à un conflit sanglant qui avait fait des milliers de victimes et déstabilisé durablement la région.
Dans un communiqué, Mahmoud Ali Youssouf a salué le rôle joué par le gouvernement et le peuple algériens dans la facilitation et le parrainage des négociations, rappelant que la diplomatie algérienne avait permis d’ouvrir la voie à un dialogue constructif et à des solutions durables pour les générations futures.
À travers cette commémoration, le président de la Commission de l’Union africaine invite l’Éthiopie et l’Érythrée à renouveler leur engagement envers l’accord, en privilégiant le dialogue et le bon voisinage comme leviers d’une stabilité durable. « La sécurité de la Corne de l’Afrique et de la région de la mer Rouge, ainsi que le bien-être de leurs populations, dépendent du renforcement de la confiance mutuelle, de l’élargissement de la coopération et de la prévention de tout conflit susceptible de menacer la sécurité collective », a-t-il insisté, rappelant que la paix reste un processus permanent nécessitant vigilance et engagement continu.
Le message de l’Union africaine est clair : le continent est prêt à accompagner les deux pays et la région élargie dans leurs efforts pour consolider la paix et promouvoir le développement transfrontalier. La Commission s’engage à soutenir toutes les initiatives qui favorisent la stabilité régionale et l’application des principes de l’Union africaine, tout en encourageant les projets économiques et sociaux pouvant rapprocher les populations et renforcer la cohésion régionale.
Cette commémoration survient dans un contexte de tensions renouvelées entre Addis-Abeba et Asmara, où les discussions sur un accès maritime éthiopien ont ravivé des inquiétudes. L’Érythrée considère cette revendication comme une menace directe, rappelant que la stabilité acquise reste fragile et dépend d’un dialogue constant et d’un engagement sincère des deux parties, ainsi que de la vigilance des institutions régionales.
Malgré ces défis, l’Union africaine réaffirme sa position : le futur des deux pays doit reposer sur la paix, le partenariat et un destin commun. L’Accord d’Alger, au-delà de son rôle historique, demeure un cadre essentiel pour encourager la coopération et prévenir toute résurgence du conflit, offrant un modèle de règlement pacifique des différends dans une région marquée par des tensions géopolitiques récurrentes et des enjeux stratégiques importants.
En célébrant ce 25ᵉ anniversaire, l’Éthiopie et l’Érythrée sont invitées à faire de la paix un projet vivant et partagé, condition indispensable pour assurer la prospérité et la sécurité de la Corne de l’Afrique et au-delà, tout en inspirant d’autres nations africaines à privilégier le dialogue et la négociation pacifique face aux conflits.
R.I.
