À quelques jours de la clôture des candidatures aux élections locales du 28 novembre, le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abdelali Hassani, tire la sonnette d’alarme.
Selon lui, la crise de confiance ne concerne désormais plus uniquement les électeurs : elle gagne les candidats eux-mêmes, notamment les jeunes, les cadres et les compétences, de plus en plus réticents à s’engager dans la compétition électorale.
Dans un entretien accordéà Ultra Algérie, Abdelali Hassani met directement en cause ce qu’il considère comme une application excessive des dispositions de la loi électorale relatives à l’éligibilité. Il estime que le rejet de candidatures alimente le sentiment d’arbitraire et décourage une partie de la classe politique.
L’abstention a gagné la classe politique
Pour le président du MSP, le phénomène dépasse désormais la seule question de la participation populaire.
«L’abstention a gagné la classe politique elle-même», affirme-t-il, alors que plusieurs formations rencontrent des difficultés à compléter leurs listes pour les prochaines locales.
Hassani réclame une volonté politique susceptible de restaurer la confiance dans le processus électoral. Il estime que l’intégrité du scrutin ne dépend pas seulement des textes, mais aussi de leur application, du traitement des candidatures, du dépouillement et du contrôle des opérations électorales.
Le pari de la décentralisation
Sur le terrain institutionnel, le chef du MSP défend une refonte du fonctionnement des collectivités locales. Il plaide pour davantage de pouvoirs aux élus, une réduction de la tutelle administrative, une meilleure mobilisation des ressources financières locales et une numérisation des Assemblées.Son objectif : redonner du poids à l’élu local et rendre les mandats communaux et de wilaya plus attractifs.
«L’élu n’est pas un fonctionnaire : il représente la voix du peuple», insiste-t-il.
Le MSP entend ainsi faire de la campagne des locales un prolongement de son projet de réforme de la gouvernance, avec un accent particulier sur la décentralisation, la lutte contre la bureaucratie et la corruption et la restauration de la confiance dans l’action politique.
R.N.
