La France est confrontée aux répliques sans fin du séisme de la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 par Emmanuel Macron, qui a abouti à une chambre sans majorité, divisée en trois blocs (gauche, centre-droit, extrême droite) et à une succession de quatre Premiers ministres en un an et demi.
Sébastien Lecornu, à peine reconduit par le président Emmanuel Macron vendredi soir, est déjà sous la menace d’une censure des députés de gauche et d’extrême droite, qui réclament des concessions politiques ou refusent catégoriquement de le soutenir.
Il aura «carte blanche» pour mener «les négociations» avec les partis politiques et essayer de bâtir un gouvernement à même d’enfin doter le pays d’un budget pour 2026, dit-on dans l’entourage du président Macron. Le temps presse pour pouvoir laisser au Parlement les 70 jours requis par la Constitution pour l’examiner avant le 31 décembre.
Mais, le secrétaire général du Parti socialiste (PS) Pierre Jouvet a affirmé à l’AFP que sa formation censurerait le Premier ministre sans plusieurs concessions de sa part, notamment la «suspension immédiate et complète de la réforme des retraites», réforme emblématique du deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron, adoptée au forceps en 2023.
Le patron des Républicains Bruno Retailleau et le président du Sénat Gérard Larcher se sont dits ce samedi défavorables à une participation du parti au prochain gouvernement de Sébastien Lecornu lors d’une réunion des parlementaires LR, ont indiqué à l’AFP des participants.
«Ma conviction, c’est qu’il ne faut pas participer», a affirmé le ministre de l’Intérieur démissionnaire au lendemain de la décision du président Emmanuel Macron de renommer Sébastien Lecornu à Matignon, assurant que lui-même «n’ira pas dans ce gouvernement».
Le PS «va faire du chantage à la censure et le prochain gouvernement devra renoncer à tout : le sérieux budgétaire, le régalien, la défense du travail», a prévenu Gérard Larcher. «Je ne pense pas qu’il faille participer à ce gouvernement», a-t-il conclu.
R.I
