Cette rencontre devrait marquer une nouvelle étape dans le rapprochement entre l’Algérie et l’Allemagne, avec un accent particulier sur l’énergie, l’hydrogène vert, l’industrie et les investissements, dans l’objectif de consolider un partenariat stratégique entre les deux pays.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, effectuera une visite officielle à Berlin le 16 juillet prochain, à l’invitation de son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier. Cette visite, qui intervient dans une phase de rapprochement soutenu entre l’Algérie et l’Allemagne, devrait constituer une nouvelle étape dans le renforcement d’un partenariat appelé à prendre une dimension stratégique, notamment dans les domaines de l’énergie, de l’industrie et de l’investissement.
Selon un communiqué de la Présidence allemande, Frank-Walter Steinmeier accueillera Abdelmadjid Tebboune avec les honneurs militaires. Le programme prévoit un entretien entre les deux chefs d’État ainsi que des discussions bilatérales portant sur les principaux axes de coopération entre les deux pays. Au-delà du caractère protocolaire de cette rencontre, cette visite devrait permettre d’aborder plusieurs dossiers d’intérêt commun dans un contexte régional et international marqué par de profondes mutations économiques et énergétiques.
Ces dernières années, Alger et Berlin ont progressivement consolidé leurs relations en s’appuyant sur des intérêts convergents. L’Allemagne, première puissance industrielle européenne, voit en l’Algérie un partenaire disposant d’importantes ressources énergétiques, d’un potentiel industriel significatif et d’une position géographique stratégique au cœur de la Méditerranée, à proximité du marché européen.
De son côté, l’Algérie cherche à diversifier ses partenariats économiques, à attirer davantage d’investissements étrangers et à accélérer son processus d’industrialisation. Dans cette perspective, l’expertise allemande dans les secteurs de la mécanique, de l’ingénierie, de la formation professionnelle et des technologies industrielles représente un atout majeur.
La coopération entre les deux pays ne se limite plus aux échanges commerciaux traditionnels. Elle tend, désormais, à évoluer vers un partenariat fondé sur le transfert de savoir-faire, la création de chaînes de valeur industrielles et le développement de projets structurants.
L’énergie au cœur des discussions
Le secteur énergétique sera au cœur des échanges à Berlin. Forte de ses réserves de gaz naturel et de ses infrastructures d’exportation, l’Algérie demeure un partenaire stratégique pour l’Europe, tandis que l’Allemagne cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement dans un contexte de transition énergétique.
Au-delà du gaz, l’hydrogène vert ouvre de nouvelles perspectives de coopération. Grâce à son potentiel solaire et à ses capacités énergétiques, l’Algérie ambitionne de devenir un fournisseur majeur du marché européen, notamment à travers le projet SoutH2 Corridor, destiné à relier l’Afrique du Nord à l’Europe centrale via un réseau d’acheminement d’hydrogène renouvelable.
Par ailleurs, le projet DigiEnR, lancé par le ministère algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, en partenariat avec la GIZ allemande, vise à accélérer l’intégration des énergies renouvelables en Algérie grâce aux solutions numériques. Il permettra d’améliorer la planification énergétique, la gestion des réseaux et l’adaptation des infrastructures, tout en accompagnant la modernisation du secteur énergétique algérien et la transition écologique.
L’industrie allemande en quête d’opportunités
Au-delà de l’énergie, l’industrie devrait figurer parmi les priorités de la visite présidentielle. L’agence allemande Germany Trade &Invest (GTAI) souligne le potentiel du marché algérien pour les entreprises allemandes, notamment dans les secteurs des machines et équipements, de l’automobile, des mines, de l’agroalimentaire, de la pharmacie et des infrastructures.
Cette dynamique s’est récemment illustrée par la visite d’une délégation composée de six entreprises allemandes à Alger et à Oran, venues explorer des opportunités de partenariat dans l’industrie automobile et le développement d’un réseau local de sous-traitance intégré aux chaînes de production internationales.
Vers une nouvelle étape du partenariat
La visite d’Abdelmadjid Tebboune à Berlin intervient donc à un moment où les relations algéro-allemandes semblent entrer dans une nouvelle phase de maturité. Les deux pays disposent d’une complémentarité économique importante : l’Algérie possède des ressources énergétiques, un potentiel de développement industriel et une proximité stratégique avec l’Europe, tandis que l’Allemagne apporte son expertise technologique, son savoir-faire industriel et sa capacité d’investissement.
Au-delà des déclarations politiques, les attentes portent désormais sur la concrétisation de projets économiques concrets, capables de renforcer les échanges bilatéraux et de créer de nouvelles opportunités pour les entreprises des deux pays.
Smail Rouha
