Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné, l’ouverture d’une enquête immédiate sur les pratiques de certains importateurs de viandes, soupçonnés de contribuer à la rétention des produits et à la hausse des prix. Le chef de l’État a également ordonné l’élaboration d’un texte pour réglementer strictement l’activité des intermédiaires de vente entre producteurs et consommateurs.
Réuni sous la présidence du chef de l’État, le Conseil des ministres a examiné un mécanisme de suivi quotidien des prix et de la disponibilité des produits de large consommation sur l’ensemble du territoire national. À cette occasion, Abdelmadjid Tebboune a ordonné une série de mesures destinées à lutter contre les pratiques spéculatives et à mieux encadrer les circuits de commercialisation.
La principale mesure concerne le marché des viandes importées. Le président de la République a chargé le Premier ministre d’ouvrir «une enquête immédiate sur le rôle négatif de certains importateurs dans les pratiques de rétention et la hausse des prix des viandes importées», précise le communiqué du conseil des ministres. Les investigations devront également porter sur les prix pratiqués par les bouchers commercialisant ces viandes à des tarifs équivalents à ceux des viandes locales. L’enquête devra aussi examiner «écart entre les prix des viandes importées dans les boucheries des différentes wilayas, et même entre les quartiers», souligne la même source.
Les intermédiaires dans le viseur
S’agissant des produits de consommation de base, le chef de l’État a ordonné «l’élaboration d’un projet de texte visant à encadrer strictement l’activité des intermédiaires de vente entre les producteurs et les citoyens».
Le chef de l’Etat a également ordonné l’élaboration, au niveau du ministère du Commerce intérieur, d’«un dispositif de plafonnement des prix et de fixation des marges bénéficiaires pour les légumes, les légumineuses, les pâtes alimentaires et les viandes, en tenant compte des chaînes de production et de commercialisation».
Autre mesure annoncée : la mise en place d’un mécanisme d’intervention sur les marchés locaux afin de limiter les fluctuations des prix.
Des stocks pour amortir les hausses de prix
Le ministre de l’Intérieur, en coordination avec les walis, devra, selon le communiqué, élaborer un dispositif permettant d’acheter les excédents de production disponibles localement, de les stocker, puis de les remettre sur le marché dès l’apparition des premiers signes de variation des prix. Cette intervention vise à « préserver le pouvoir d’achat des citoyens».
Le renforcement de la surveillance des marchés est aussi au cœur de cette stratégie. Un système décentralisé sera ainsi confié aux directeurs du commerce, sous la responsabilité des walis, qui seront chargé du suivi quotidien des prix des produits de grande consommation à l’échelle locale.
Les brigades de contrôle des prix relevant du ministère du Commerce intérieur devront, pour leur part, être renforcées. il est ainsi prévu «des inspections quotidiennes sur le terrain tout au long de l’année», afin d’assurer une surveillance permanente des pratiques commerciales.
Une base de données numérique pour détecter les anomalies
Le dispositif de contrôle sera renforcé par un outil numérique destiné à améliorer la circulation de l’information et la rapidité des interventions. Le ministère de l’Intérieur, le ministère du Commerce intérieur et le Haut-Commissariat à la numérisation sont chargés de coordonner leurs efforts pour créer une base de données numérique consacrée au suivi des prix. Cette plateforme devra servir de «mécanisme d’alerte» permettant aux services concernés d’intervenir lorsque les prix connaissent une hausse anormale, afin de rétablir l’équilibre du marché.
Phosphates : accélérer le projet du port d’Annaba
La réunion du Conseil des ministres a également porté sur l’avancement de la ligne ferroviaire minière reliant Bled El Hadba au port d’Annaba, ainsi que sur la réalisation du quai minéralier prévu dans le cadre de l’extension de cette infrastructure portuaire.
Le président de la République a souligné que « le quai phosphatier du port d’Annaba est devenu un enjeu régional et méditerranéen qu’il faut impérativement gagner», appelant à son exploitation dans les meilleurs délais. Le Conseil des ministres a, par ailleurs, décidé le lancement immédiat, à partir de Tamanrasset, du projet de ligne ferroviaire reliant Laghouat, El Meniaa, In Salah et Tamanrasset.
Dessalement : priorité à trois wilayas
Le troisième dossier examiné concerne les marchés de travaux attribués selon la procédure de négociation directe pour le raccordement des conduites d’adduction aux nouvelles stations de dessalement de l’eau de mer dans les wilayas de Chlef, Mostaganem et Tlemcen. Le président de la République a insisté sur la nécessité de prendre en charge «dans les meilleurs délais» l’approvisionnement de ces trois wilayas en eau dessalée, en raison de leur caractère prioritaire.
L’extension de ce dispositif à d’autres wilayas devra être précédée d’études techniques au cas par cas qui devraient déterminer avec précision les ressources locales en eaux superficielles et souterraines avant d’envisager le recours au dessalement. Abdelmadjid Tebboune a en outre réitéré la nécessité d’un «contrôle rigoureux de l’octroi des autorisations de forage de puits», afin de protéger les ressources en eaux souterraines.
Le chef de l’État a enfin chargé le gouvernement d’intégrer ces deux orientations dans le projet de loi d’orientation agricole en cours d’élaboration. Le texte sera présenté à un prochain Conseil des ministres consacré au secteur de l’agriculture.
Synthèse R. N.
