Le parquet de la République près le pôle pénal national de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale a annoncé, hier, l’ouverture d’une enquête visant un réseau criminel organisé impliqué dans un trafic d’armes et de munitions.
L’affaire, qui concerne plusieurs ressortissants étrangers ainsi que des suspects algériens, a conduit à la saisie d’un important lot d’armes et de munitions dans la wilaya de Tébessa.
Dans un communiqué officiel, le parquet précise que l’enquête a été engagée sur la base des dispositions de la législation relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ainsi que du Code de procédure pénale.
Les investigations, confiées au service central des enquêtes judiciaires de la Direction générale de la sécurité intérieure, ont abouti à l’interpellation de membres présumés d’un groupe criminel organisé à dimension transnationale, composé de 23 personnes.
Selon le communiqué judiciaire, 13 suspects ont été arrêtés dans la wilaya de Tébessa.
Parmi les personnes mises en cause figure notamment le dénommé «Nasser Barka», âgé de 27 ans, ainsi qu’un autre suspect, «Gharib», âgé de 26 ans. Le parquet indique également que 22 autres personnes, de nationalité malienne, font l’objet de recherches. Vingt autres individus ont par ailleurs été placés en état de fuite et des mandats d’arrêt ont été émis à leur encontre.
Fusils d’assaut et centaines de cartouches saisis
L’opération a permis aux services de sécurité de mettre la main sur un arsenal conséquent. Les enquêteurs ont notamment saisi 65 fusils de type Kalachnikov, ainsi que 900 chargeurs, pour un poids total indiqué de 80,9 kilogrammes.
Le communiqué fait également état de la découverte d’un fusil de précision de type FMPK, accompagné d’une bande de munitions comprenant 365 cartouches de calibre 7,62 × 54, ainsi que de quatre chargeurs. Une autre arme de type Kalachnikov et 120 cartouches figurent également parmi les éléments saisis au cours de l’opération.
Présentés le 7 octobre devant le parquet de la République, les suspects ont fait l’objet de poursuites pour plusieurs infractions particulièrement graves. Les qualifications mentionnées portent notamment sur l’importation, le transport, l’expédition, le stockage et la détention d’armes et de munitions dans le cadre d’une organisation criminelle transnationale.
Des accusations particulièrement lourdes
Les poursuites concernent également des faits susceptibles de porter atteinte à la sécurité et à l’ordre publics ainsi qu’à l’unité nationale. La justice évoque en outre la diffusion de la terreur parmi la population, la mise en danger de la vie et des biens des personnes, ainsi que la détention et le transport d’armes et de munitions de première catégorie sans autorisation.
Les mis en cause sont également poursuivis, selon le communiqué, pour blanchiment d’argent dans le cadre d’une organisation criminelle.
À l’issue de leur interrogatoire par le juge d’instruction, celui-ci a ordonné leur placement en détention provisoire.
Cette affaire, compte tenu du nombre de personnes recherchées, de sa dimension transfrontalière présumée et surtout de la quantité d’armes saisies, constitue un dossier sécuritaire majeur. L’enquête judiciaire devra désormais déterminer l’origine exacte de l’arsenal, les circuits empruntés pour son acheminement et sa destination finale, ainsi que les responsabilités respectives des différents membres présumés du réseau.
Crésus
