À New York, Ahmed Attaf a réaffirmé dimanche, l’attachement de l’Algérie à la souveraineté libyenne et à la stabilité de l’espace sahélo-saharien.
La question libyenne s’est imposée au cœur des échanges du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, à New York.
En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le chef de la diplomatie algérienne a réaffirmé, lors de son entretien avec le chargé de la gestion du ministère libyen des Affaires étrangères, Taher Al-Baour, la position constante d’Alger en faveur de l’unité, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Libye, a indiqué, dimanche, un communiqué du ministère.
Les discussions ont porté sur les derniers développements de la situation dans le pays et les démarches susceptibles de faire avancer le processus politique, avec pour objectif de créer les conditions nécessaires au rétablissement de la sécurité et de la stabilité, précise la même source. Ahmed Attaf a réitéré l’attachement de l’Algérie à un règlement politique global de la crise libyenne, fondé sur la conduite par les Libyens eux-mêmes du processus politique et la préservation de l’unité de l’État et de ses institutions.
Pour Alger, cette approche doit permettre de répondre aux aspirations du peuple libyen à la stabilité et à la prospérité, tout en préservant la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays. Cette position s’inscrit dans la conception algérienne de la sécurité régionale, qui établit un lien étroit entre la stabilité de la Libye, celle de son environnement immédiat et la situation dans l’espace sahélo-saharien.
Dans ce contexte, les deux responsables ont convenu de renforcer la concertation et la coordination afin de faire face aux défis communs dans la région. L’objectif affiché est de contribuer à consolider les fondements de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans l’ensemble de l’espace sahélo-saharien.
Equilibres régionaux
Le rappel de cette position à New York intervient alors que la question libyenne demeure étroitement liée aux enjeux de sécurité et de stabilité en Afrique du Nord et au Sahel. Pour Alger, la préservation de l’unité de l’État libyen et le règlement politique de la crise constituent ainsi des éléments importants de la stabilité régionale.
Le dossier libyen s’inscrit également dans une séquence diplomatique plus large pour Ahmed Attaf à New York. Le ministre d’État a multiplié les rencontres consacrées aux questions régionales et internationales, ainsi qu’au renforcement des mécanismes de coopération multilatérale.
Alger plaide pour une action arabe renforcée
Ahmed Attaf s’est également entretenu avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Fahmy, avec lequel il a échangé sur les principales questions inscrites à l’agenda de l’organisation et sur les derniers développements au Moyen-Orient, notamment dans les territoires palestiniens occupés.
Les discussions ont notamment porté sur les moyens d’intensifier le soutien à la cause palestinienne au sein des Nations unies. Les deux parties ont également évoqué le rôle de l’Algérie dans les efforts visant à réformer et développer les mécanismes de travail de la Ligue arabe afin de lui permettre de mieux répondre aux défis auxquels est confronté le monde arabe.
Coopération africaine et multilatéralisme
Dans le cadre de ses rencontres bilatérales, Ahmed Attaf s’est entretenu avec son homologue ougandais, Adonia Ayebare, sur les moyens de renforcer et de diversifier la coopération entre les deux pays. Les deux responsables ont également abordé les questions de développement et la nécessité d’intensifier la coopération internationale en faveur de la réalisation des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030, particulièrement en Afrique.
Les préparatifs de la réunion ministérielle du Mouvement des non-alignés, prévue à Kampala avant la fin de l’année, ont également été évoqués. Avec le ministre sierra-léonais des Affaires étrangères, Mohamed Rahman Swaray, Ahmed Attaf a examiné l’état des relations bilatérales et les questions régionales et internationales d’intérêt commun.
Les deux responsables ont notamment évoqué la coordination entre les deux pays lorsqu’ils siégeaient comme membres non permanents du Conseil de sécurité, notamment dans le cadre du mécanisme A3. Ahmed Attaf a, à cette occasion, salué la contribution de la Sierra Leone aux efforts de réforme du Conseil de sécurité, son ministre étant président du Comité des dix chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine consacré à cette question.
Ghaza et les crises humanitaires
Les échanges du ministre d’État ont également porté sur la situation humanitaire. Avec le directeur exécutif par intérim du Programme alimentaire mondial, Carl Skau, Ahmed Attaf a examiné les moyens de renforcer la coopération entre l’Algérie et le PAM pour répondre aux besoins des populations vulnérables, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.
La situation à Ghaza, à l’approche de l’hiver, ainsi que l’aide destinée aux réfugiés sahraouis figuraient également au menu des discussions. Enfin, Ahmed Attaf a reçu la présidente du Comité international de la Croix-Rouge, Mirjana Spoljaric Egger, avec laquelle il a abordé le respect du droit international humanitaire, les nouveaux défis liés aux technologies et à l’intelligence artificielle ainsi que l’application du droit humanitaire dans les conflits navals.
Les deux parties ont également évoqué la conférence internationale de haut niveau «Protéger l’humanité en temps de guerre», prévue en décembre en Jordanie, dans le cadre de laquelle l’Algérie copréside, avec la Slovénie, la Sierra Leone et le Costa Rica, le groupe de travail consacré à la protection des infrastructures civiles.
R.N
