Les élections locales commencent déjàà redessiner le paysage des alliances politiques. À l’approche du rendez-vous électoral du 28 novembre, plusieurs formations cherchent à dépasser leurs limites individuelles en explorant la possibilité d’une participation commune.
Un premier pas a été franchi à Alger avec la réunion de six partis au siège de Talaïe El Hourriyet, à El Biar. Les responsables politiques présents ont consacré leurs échanges aux modalités d’une éventuelle alliance pour les prochaines élections municipales et de wilaya.
L’objectif affiché est de parvenir à une participation concertée, notamment à travers la constitution de listes communes. Une formule qui permettrait aux formations concernées de conjuguer leurs moyens politiques et humains et, surtout, d’élargir leur présence dans les différentes circonscriptions.
Mutualiser les candidatures
Derrière cette démarche se pose, en effet, la question de l’implantation locale. Pour plusieurs formations, la préparation des élections locales constitue un exercice plus exigeant que les échéances nationales, en raison du nombre important de communes et de sièges à pourvoir. La constitution de listes suffisamment étoffées représente ainsi un enjeu majeur.
Le rapprochement engagé pourrait permettre de répondre à cette contrainte en mutualisant les candidatures disponibles et en coordonnant les implantations respectives des partis. La démarche pourrait également éviter une dispersion des voix entre plusieurs listes issues de formations partageant des objectifs ou des orientations proches.
Pour autant, les discussions restent à ce stade au niveau du principe. Les contours précis de l’éventuelle alliance n’ont pas encore été arrêtés. La répartition des candidatures entre les différentes formations, les communes ciblées ainsi que les modalités de constitution des listes devront faire l’objet de nouvelles concertations.
Un signal adresséà l’Anie
À l’issue de leur réunion, les six formations ont décidé d’adresser une correspondance au président de l’Anie pour officialiser leur démarche. Ce rapprochement intervient alors que la préparation des élections locales du 28 novembre est déjà engagée.
L’objectif est de mutualiser les moyens, renforcer la mobilisation sur le terrain et faciliter la constitution de listes communes. La répartition des candidatures et le choix des communes constitueront, toutefois, des points sensibles des négociations.
La dynamique pourrait s’élargir dans les prochaines semaines, à l’approche du dépôt des listes, avec la possibilité de nouveaux rapprochements entre formations politiques.
Six formations autour de la table
La rencontre a réuni Reda Ben Ouanane, président de Talaïe El Hourriyet, Djamal Benabdeslam, président du Front de l’Algérie nouvelle, TaherBenbaïbeche, président du Parti du Nouveau Fajr, Abdallah Haddad, président du Front du militantisme national, Kamel Ben Salem, président du Parti du Renouveau algérien, ainsi qu’Abderrahmane Salah, secrétaire général de l’Union des forces démocratiques et sociales.
Leur initiative intervient dans une phase où les partis commencent à affiner leurs stratégies en vue du scrutin local. Au-delà de la seule constitution des listes, les prochaines semaines devraient permettre de mesurer l’ampleur des recompositions et de voir si les rapprochements amorcés à Alger débouchent sur une véritable stratégie électorale commune.
En somme, les prochaines locales ne se joueront pas uniquement dans les urnes. Elles commencent déjàà se préparer autour des tables de négociation, avec les alliances, les listes et les équilibres locaux comme principaux enjeux.
S.R.
