La course aux collectivités locales s’engage sur fond de recomposition des stratégies et d’exigence accrue dans le choix des candidats.
À l’approche des prochaines élections locales, prévues le 28 novembre en Algérie, les consultations entre l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) et les formations politiques s’intensifient. Plusieurs responsables de partis ont été reçus samedi par le président de l’ANIE, Saïd Arous, dans le cadre des préparatifs de ce prochain rendez-vous électoral.
Le président de l’Autorité a notamment reçu le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Othmane Maazouz, accompagné de plusieurs membres de son parti, en présence de membres du Conseil de l’ANIE.
La présidente du Rassemblement de l’espoir de l’Algérie (TAJ), Fatima-Zohra Zerouati, a également été reçue à la tête d’une délégation de sa formation. Selon l’ANIE, ces rencontres s’inscrivent dans le cadre des consultations engagées avec les différentes composantes de la scène politique nationale.
Le président de l’Autorité a, par ailleurs, rencontré le représentant du Front de la justice et du développement, Chamseddine Hakimi, accompagné de plusieurs responsables de son parti.
Le FLN mise sur la qualité des candidatures
En parallèle de ces consultations, les formations politiques poursuivent leurs préparatifs en vue des élections locales. Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Abdelkrim Benmbarek, a appelé samedi à privilégier des candidats capables d’insuffler une nouvelle approche à la gestion des collectivités locales et disposant d’une « conscience éclairée ».
Lors d’une réunion consacrée à l’examen des dossiers de candidature, il a souligné que les futurs élus doivent considérer la commune comme un véritable espace de développement, tandis que la wilaya doit constituer un cadre de coordination et d’orientation des politiques de développement.
Le responsable du FLN a également insisté sur l’importance de la maîtrise des réalités économiques locales, de la valorisation des potentialités des territoires, de la promotion de l’investissement et de l’accompagnement des jeunes. La préservation des biens publics et l’intégrité figurent également, selon lui, parmi les critères essentiels devant présider au choix des candidats.
Les partis affichent leurs priorités
De son côté, le président du parti Voix du peuple (Sawt Echaâb), Lamine Ousmani, a exclu le recours au « nomadisme politique » à l’occasion des prochaines échéances électorales. Il a, dans le même temps, réaffirmé le soutien de sa formation à l’ANIE, estimant que cette démarche contribue au renforcement des institutions de l’État et à la consécration de la liberté de choix des électeurs.
Lamine Ousmani a également annoncé que son parti apportera prochainement des précisions concernant les cas prévus par l’article 200.
Le président du Front El Moustakbal, Fateh Boutbig, a également livré les principaux éléments de sa rencontre avec Saïd Arous, qualifiant les échanges de « fructueux et sincères ». Il a fait état de plusieurs préoccupations, notamment celles relatives à la coordination avec les commissions et coordinations de wilaya pour le dépôt des dossiers de candidature et le retrait des documents électoraux.
La question de l’application de l’article 184 a également été abordée, dans le contexte des débats suscités par la mise en œuvre de l’article 200 lors des dernières élections des membres de l’Assemblée populaire nationale. Fateh Boutbig a appelé l’Autorité électorale à privilégier une approche objective et à garantir la participation de l’ensemble des acteurs, afin de favoriser une plus large mobilisation électorale.
À moins de trois mois du scrutin, la préparation des élections locales s’accélère ainsi sur plusieurs fronts. Entre consultations institutionnelles, sélection des candidatures et débats autour des dispositions de la législation électorale, les partis politiques affinent leurs stratégies et se préparent à investir le terrain électoral autour des enjeux liés à la gestion des collectivités locales.
I. Khermane
