L’Algérie vient d’acter la création d’un Centre national de formation dans le domaine du soutien et du maintien de la paix. Cette nouvelle institution a été officiellement instituée par le décret présidentiel n°26-280, signé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et publié au Journal officiel n° 63 du 1er septembre 2026.
La principale mission de ce centre sera d’assurer des formations de niveaux stratégique, opérationnel et tactique dans le domaine du soutien et du maintien de la paix, au profit des personnels militaires et civils, nationaux et étrangers, appelés à participer aux opérations de soutien et de maintien de la paix.
Selon le décret présidentiel, le centre est créé sous la forme d’un établissement public à caractère administratif, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière.
Placé sous la tutelle du ministère de la Défense nationale, le centre aura son siège à Alger. Celui-ci pourra, toutefois, être transféré vers tout autre lieu du territoire national par arrêté du ministre de la Défense nationale.
Le décret précise que le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) oriente les activités du centre en matière de planification, de programmation et de déroulement des formations, ainsi que dans le domaine de la sélection et de l’admission des stagiaires.
La gestion de l’établissement sera assurée par un directeur choisi parmi les officiers supérieurs des forces armées. Celui-ci sera chargé de veiller au bon fonctionnement du centre, conformément à la réglementation en vigueur au sein du ministère de la Défense nationale.
Formation conforme aux normes internationales
Le nouveau centre aura pour vocation de former et de perfectionner les compétences destinées aux opérations de soutien et de maintien de la paix, en conformité avec les critères et normes internationaux et africains.
Le décret prévoit que les conditions d’accès, le contenu des programmes, les spécialités proposées, la durée des formations ainsi que les modalités d’évaluation et de certification seront définis conformément aux normes et standards de l’Organisation des Nations unies (ONU), de l’Union africaine (UA) et de la Ligue des États arabes.
Ces référentiels concernent la préparation des personnels des composantes militaire, policière, de gendarmerie et civile appelés à intervenir dans le cadre des opérations de soutien et de maintien de la paix.
En plus des formations régulières, le centre pourra organiser des sessions «à la carte» au profit de cadres civils nationaux et étrangers, ainsi que des séminaires, conférences et journées d’études nationales et internationales liés à son domaine de compétence.
Il pourra également mener des études et des travaux de recherche dans ce domaine au profit d’organismes militaires et civils, nationaux ou étrangers.
Un conseil pédagogique pour le suivi
Le décret prévoit également la mise en place d’un conseil pédagogique, composé de représentants du ministère de la Défense nationale, du ministère des Affaires étrangères et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
D’autres membres disposant d’une expertise dans le domaine pourront également être associés aux travaux de cette instance, sur proposition des autorités compétentes.
Le conseil pédagogique aura notamment pour mission de définir et d’évaluer les activités et les programmes de formation, ainsi que de contribuer à l’élaboration des méthodes pédagogiques.
Renforcer le leadership régional
La création de ce centre s’inscrit dans la volonté de l’Algérie de renforcer sa contribution à l’architecture africaine de paix et de sécurité et de consolider son rôle dans les efforts internationaux de maintien de la paix.
Cette orientation a notamment été mise en avant à travers l’engagement de l’Algérie au sein du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine.
La mise en place de cette institution intervient dans un contexte marqué par la complexification des conflits et l’imbrication croissante des dimensions sécuritaires, politiques et humanitaires des crises. Cette évolution renforce les besoins en personnels spécialisés, capables d’intervenir dans des environnements complexes et de maîtriser des procédures et normes communes.
À travers ce centre, l’Algérie se dote ainsi d’un cadre institutionnel spécialisé pour la formation aux opérations de paix, avec l’ambition de renforcer ses capacités nationales et d’élargir sa contribution à la préparation des personnels appelés à intervenir dans les opérations de soutien et de maintien de la paix, en Algérie comme à l’étranger.
S. Smati
