Le président Abdelmadjid Tebboune a procédé, hier, à un remaniement ministériel partiel touchant les portefeuilles des Finances, du Travail, de l’Agriculture et de la Communication. Une décision qui intervient au lendemain des élections législatives.
Le suspense autour de l’avenir du gouvernement est finalement levé, du moins en partie. Alors que l’hypothèse d’un nouveau gouvernement était largement évoquée au lendemain des élections législatives, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a choisi de procéder à un remaniement ministériel ciblé, «après consultation du Premier ministre», souligne le communiqué de la Présidence.
Le Président a nommé Mohammed Lamine Lebbou au poste de ministre des Finances, Mohamed Hattab, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Sid Ali Khaldi ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, et Mohamed Bouslimani, ministre de la Communication. Le changement le plus significatif concerne sans doute le ministère des Finances.
Mohammed Lamine Lebbou, gouverneur de la Banque d’Algérie, prend désormais les rênes d’un département appelé à jouer un rôle central dans la conduite de la politique économique et financière du pays. Son arrivée intervient dans un contexte marqué par des défis importants liés à la gestion des équilibres financiers, au financement de l’économie et à la poursuite des réformes économiques.
Des revenants aux commandes
Le remaniement est également marqué par le retour de plusieurs anciens ministres. Mohamed Bouslimani retrouve ainsi le ministère de la Communication, un portefeuille qu’il avait déjà dirigé. Il succède à Zouhir Bouamama, dont le départ met fin à une courte période à la tête de ce département.
Autre retour, celui de Sid Ali Khaldi, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, qui prend désormais en charge le secteur de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. Il remplace Mahdi Walid, qui quitte le gouvernement.
Le ministère du Travail change également de titulaire. Mohamed Hattab, jusque-là médiateur de la République et ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, notamment, est promu à ce poste en remplacement d’Abdelhak Saihi. Ces mouvements traduisent un choix présidentiel privilégiant des personnalités disposant déjà d’une expérience gouvernementale ou institutionnelle, plutôt que l’arrivée de nouveaux profils dans l’Exécutif.
Une réponse ciblée après les législatives ?
Le calendrier de ce remaniement n’est pas anodin. Les élections législatives, remportées par les formations constituant ce qui peut être qualifié de majorité présidentielle (FLN, RND, El Bina et El Moustakbal), avaient alimenté les spéculations sur une éventuelle recomposition du gouvernement. Un nouveau gouvernement pouvait apparaître comme la conséquence logique de cette nouvelle configuration politique et parlementaire.
Le président Tebboune a finalement fait un autre choix : celui d’un remaniement limité à quatre départements. Si aucune explication n’est fournie quant à ces départs, il est difficile d’affirmer qu’ils répondent à des insuffisances particulières ou s’inscrivent a contrario dans une volonté plus générale de réajuster l’action gouvernementale.
Le choix de quatre secteurs n’en demeure pas moins significatif. Finances, Travail, Agriculture et Communication constituent des départements directement liés aux principaux enjeux économiques, sociaux et politiques de la prochaine étape.
Une rentrée sous haute pression
Le gouvernement ainsi remanié devra rapidement se mettre au travail. Plusieurs échéances importantes l’attendent, à commencer par la rentrée scolaire et universitaire 2026-2027, mais également une rentrée sociale qui s’annonce particulièrement suivie.
À ces échéances s’ajoute la rentrée parlementaire. Conformément aux dispositions constitutionnelles, le Parlement devait reprendre ses travaux hier, dans une nouvelle configuration issue des dernières élections législatives.
Le nouvel Exécutif devra donc démontrer rapidement sa capacité à répondre aux attentes sur plusieurs fronts : maîtrise des équilibres économiques, amélioration de l’emploi et de la situation sociale, développement du secteur agricole et renforcement de la communication institutionnelle.
S’il ne constitue pas forcément «un changement de cap», ce remaniement apparaît comme un réajustement de l’équipe gouvernementale, destiné à insuffler un nouvel élan dans certains secteurs jugés prioritaires. Reste désormais à savoir si ce remaniement partiel sera le dernier mouvement avant une nouvelle phase politique ou s’il constitue la première étape d’une recomposition plus large de l’Exécutif.
S .M
