Un atelier d’experts devra proposer de nouvelles règles pour limiter l’exposition des populations aux risques.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné l’ouverture d’un atelier de travail réunissant des experts et des spécialistes afin d’élaborer une étude consacrée à l’encadrement des constructions dans les zones forestières et leurs abords.
L’objectif affiché par les autorités est de mieux protéger les populations vivant à proximité ou à l’intérieur des espaces boisés et de réduire leur exposition aux risques liés aux incendies de forêt.
Présidant au siège de la Présidence de la République, une réunion consacrée à la prise des mesures nécessaires à la prise en charge des conséquences et des effets des récents incendies ayant touché plusieurs wilayas de l’est et du centre du pays, en présence de hauts responsables militaires et civils, le chef de l’État a ainsi instruit les services concernés d’engager une réflexion sur la réglementation de la réalisation de logements et de constructions dans les zones forestières et les secteurs limitrophes.
L’atelier de travail devra notamment examiner les conditions permettant de mieux encadrer l’habitat dans les espaces forestiers. Les conclusions de cette expertise pourraient servir de base à l’élaboration de nouvelles règles visant à renforcer les conditions d’implantation des constructions dans ces zones à risque.
Faciliter l’évacuation et renforcer la prévention
Au-delà de la réglementation des constructions, la stratégie envisagée vise également à renforcer la protection des populations déjà installées dans les zones exposées.
L’amélioration des accès et des conditions d’évacuation constitue ainsi un enjeu majeur en cas d’incendie ou de catastrophe. Une meilleure organisation des interventions, associée à une surveillance renforcée des zones d’interface entre espaces habités et massifs forestiers, devrait contribuer à réduire les risques pour les habitants.
Le dispositif pourrait également accorder une plus grande place aux populations locales et aux exploitants agricoles établis à proximité des massifs forestiers, notamment dans les opérations de surveillance et d’alerte précoce.
Les sinistrés au cœur de l’urgence
Parallèlement à cette réflexion sur la prévention, le président de la République a ordonné la mise en œuvre de mesures d’urgence destinées à permettre un retour rapide à la normale dans les zones touchées par les incendies.
Les opérations doivent notamment porter sur la réhabilitation des habitations endommagées et la remise en état des réseaux d’électricité, de gaz, d’eau potable et de télécommunications. L’objectif est de permettre aux familles sinistrées de regagner leurs logements dans des conditions de sécurité adéquates.
S’agissant de l’indemnisation, des commissions doivent être installées afin d’évaluer les pertes subies par chaque famille et de déterminer la valeur des biens détruits. Le chef de l’État a donné instruction pour que les compensations soient versées dans les meilleurs délais.
Le ministère de l’Habitat accélère les opérations sur le terrain
Dans le prolongement de ces directives, le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme, de la Ville et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Tarek Belaribi, a présidé, hier, une réunion de coordination consacrée à la prise en charge des familles touchées par les incendies dans plusieurs wilayas du pays.
Les discussions ont porté sur l’ensemble du processus, depuis l’expertise technique des bâtiments endommagés jusqu’au versement des aides financières destinées aux familles sinistrées.
Le ministre a notamment ordonné de doubler les effectifs d’ingénieurs de l’Organisme national de contrôle technique de la construction (CTC) mobilisés dans les zones touchées. Ces renforts doivent être déployés dans un délai maximal de 72 heures afin d’accélérer les opérations de constat, d’expertise et de suivi technique sur le terrain.
Les directeurs du logement des wilayas concernées ont également été chargés de préparer les décisions d’attribution des aides financières. La Banque nationale de l’habitat (BNH) doit, pour sa part, assurer l’exécution de ces décisions, conformément aux procédures légales en vigueur.
Des moyens humains supplémentaires seront également mis à la disposition des responsables locaux afin de lancer les opérations de nettoyage et de réhabilitation des logements et des équipements publics endommagés.
Un nouveau bilan doit être établi dans les 72 prochaines heures afin d’évaluer la mise en œuvre des instructions données et de faire le point sur l’avancement des opérations de prise en charge des familles sinistrées et de réhabilitation des infrastructures.
I. Khermane
