Libye, Sahel, sécurité, gaz et hydrogène vert : les dossiers se multiplient entre l’Algérie et l’Allemagne.
L’Allemagne entend renforcer sa coopération avec l’Algérie sur les principaux dossiers régionaux, notamment en Libye et au Sahel. L’ambassadeur allemand à Alger, Georg Felsheim, a souligné l’importance du dialogue entre les deux pays, fondé, selon lui, sur une «confiance mutuelle» et une convergence de vues sur le rôle du multilatéralisme et des Nations unies dans le règlement des crises.
Intervenant mercredi dernier dans l’émission «Riwaq de la diplomatie», diffusée par la troisième chaîne de la Télévision algérienne, le diplomate a notamment évoqué les échanges consacrés à la Libye lors de la récente visite du président Abdelmadjid Tebboune à Berlin.
La Libye, dossier central
Selon Georg Felsheim, la situation en Libye a occupé une place importante dans les discussions entre responsables algériens et allemands. Le dossier a également été abordé lors des échanges entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays. Berlin voit dans l’Algérie un interlocuteur régional important, notamment en raison de sa proximité avec la Libye, de ses contacts avec les différentes parties libyennes et de son expérience diplomatique.
Alger participe, par ailleurs, au processus de Berlin consacré à la recherche d’une solution politique au conflit libyen, après avoir pris part à la première conférence de Berlin en janvier 2020.
L’Algérie défend une meilleure coordination entre les initiatives internationales et le processus politique conduit sous l’égide des Nations unies. Elle rejette également toute évolution susceptible de faire de la Libye un terrain de confrontation entre puissances étrangères ou acteurs régionaux. Pour l’ambassadeur allemand, le dialogue avec Alger permet à Berlin de mieux appréhender les dynamiques politiques et sécuritaires qui traversent l’Afrique du Nord et le Sahel.
Une coopération sécuritaire tournée vers le Sahel
La sécurité constitue également un axe majeur du partenariat entre les deux pays. La coopération comprend notamment des formations conjointes, des échanges d’experts, des visites réciproques et différents mécanismes de concertation. Elle porte sur plusieurs enjeux : lutte contre la criminalité transfrontalière, contrôle des frontières, sécurité publique, lutte contre la migration irrégulière et contre le terrorisme.
Berlin soutient également le développement d’Afripol, destiné à renforcer la coopération entre les services de police africains. Georg Felsheim a qualifié l’Algérie d’«acteur majeur de la paix et de la sécurité» au Sahel. Il a notamment salué le rapprochement engagé entre Alger et Bamako ainsi que le renforcement des échanges entre l’Algérie et les autres pays de la région.
Le diplomate a aussi mis en avant le rôle de l’Algérie dans l’accompagnement des pays sahéliens, notamment dans les domaines de l’énergie et des infrastructures.
L’énergie au cœur du partenariat économique
La coopération énergétique demeure un pilier des relations algéro-allemandes. L’Algérie est considérée par Berlin comme un fournisseur fiable de gaz pour l’Europe, mais les deux pays cherchent désormais à élargir leur partenariat aux énergies renouvelables et à l’hydrogène vert. Georg Felsheim a notamment évoqué le projet de «corridor Sud de l’hydrogène vert», auquel participent l’Algérie, l’Allemagne et trois autres pays.
Le projet bénéficie du soutien de la GIZ et de la KfW, en collaboration avec plusieurs entreprises allemandes, dont Siemens Energy. La coopération porte également sur la réduction des émissions de méthane et la lutte contre le changement climatique.
L’Allemagne accompagne, par ailleurs, l’Algérie dans la préparation de ses engagements en matière de réduction des émissions de CO₂ dans le cadre de l’accord de Paris. Le rapprochement algéro-allemand connaît une nouvelle dynamique, marquée par la signature de 31 accords et mémorandums d’entente, notamment dans l’énergie, l’automobile et la santé.
Au-delà de l’économie, Berlin considère, désormais, Alger comme un partenaire stratégique en Afrique du Nord et au Sahel, en raison de son poids diplomatique et de son rôle dans les dossiers de la Libye, du Sahel, de la sécurité et de l’énergie.
Smail Rouha
