Plus d’une centaine d’actifs industriels et d’entreprises réintégrés dans le secteur public économique.
L’Algérie poursuit son programme de remise en service et d’intégration dans le secteur public marchand des unités industrielles et des actifs confisqués à la suite de décisions judiciaires. Cette démarche s’inscrit dans le cadre des orientations du président de la République visant à valoriser les biens récupérés dans les dossiers liés à la corruption, en les réintroduisant dans le cycle économique national afin d’en faire des projets productifs générateurs de valeur ajoutée, d’emplois et de croissance.
Les pouvoirs publics misent ainsi sur la réactivation des capacités de production existantes afin de répondre aux besoins du marché national, notamment ceux des usagers et des professionnels du transport. À ce jour, plus d’une centaine d’actifs industriels et d’entreprises ont été réaffectés à des entités publiques économiques.
La dernière opération en date concerne l’usine de fabrication de plaquettes et garnitures de frein de Réghaïa, remise en service hier sous la supervision du Premier ministre, Sifi Ghrieb, en présence du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, du ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, du ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, ainsi que de plusieurs responsables et acteurs économiques.
Dans son intervention à cette occasion, le Premier ministre a affirmé qu’après la récupération des unités de M’sila et de Batna, puis celle de l’unité de production de plaques de frein et d’accessoires de Réghaïa, «le reste des biens sera récupéré dans les délais fixés avec le président de la République». Il a également annoncé l’extension de cette opération à d’autres unités industrielles au cours des prochains mois, notamment à Batna et à Tissemsilt.
Cette dynamique s’inscrit dans la stratégie nationale visant à développer une industrie locale des composants automobiles, à renforcer le taux d’intégration nationale et à réduire la dépendance aux importations. Dans ce cadre, Sifi Ghrieb a indiqué que toutes les instructions avaient été données à l’Agence algérienne de promotion de l’investissement afin d’encourager les investissements dans la production de pièces automobiles.
Un atout pour l’industrie mécanique
À l’occasion de la remise en service de l’usine de fabrication de plaquettes et garnitures de frein de la Société de maintenance de l’Est (SME), filiale du Groupe Gica, le Premier ministre a salué les efforts déployés par l’entreprise pour réhabiliter et redémarrer cette unité industrielle dans un délai n’excédant pas deux mois.
Il a également mis en avant l’importance stratégique de cette infrastructure, soulignant que les systèmes de freinage constituent un élément essentiel de la sécurité automobile. Selon lui, l’unité de Réghaïa produira des composants destinés à équiper 25 marques internationales de véhicules particuliers ainsi que 6 marques de poids lourds, avec l’ambition d’élargir progressivement cette couverture.
Spécialisée dans la fabrication de plaquettes de frein et d’accessoires pour véhicules légers et camions, cette installation représente un atout majeur pour le développement des industries mécaniques nationales. Elle répond aux normes techniques en vigueur et mobilise un investissement de 2,5 milliards de dinars.
L’usine dispose d’une capacité de production estimée à 1,5 million de plaquettes de frein par an et devrait permettre la création de 60 emplois directs. Sur le plan commercial, elle vise à couvrir entre 40 et 50 % des besoins du marché automobile national.
Sa production couvrira 153 modèles de véhicules, dont 126 de véhicules légers appartenant à 25 marques, ainsi que 27 modèles de poids lourds relevant de 6 marques de camions.
Deux accords de coopération industrielle signés
La visite du Premier ministre à Réghaïa a également été marquée par la signature de deux accords de coopération industrielle destinés à renforcer les partenariats économiques et à soutenir le développement de la production nationale.
Le premier accord a été conclu entre la Société de maintenance de l’Est et Stellantis Algérie, tandis que le second a été signé avec Ident Algérie.
Ces partenariats s’inscrivent dans une démarche de consolidation du tissu industriel national, d’accompagnement de la sous-traitance industrielle et de renforcement de la présence des produits algériens sur le marché local.
S. Smati
