L’abnégation de tout un peuple a eu raison de l’un des colonialismes les plus féroces de l’histoire.
Le 5 juillet 1962, l’Algérie devient indépendante suite à 132 ans de colonisation française. Après les accords d’Evian, signés en mars 1962 et le référendum du 3 juillet où les algériens ont massivement votés pour l’indépendance, l’Algérie a définitivement tourné la sombre page du colonialisme au prix fort de millions de martyrs, dont 1,5 million seulement entre 1954 et 1962.
Le choix du 5 juillet n’est pas un hasard. Il fut dicté par le souci de remplacer dans la mémoire du peuple algérien la triste date du 5 juillet 1830 correspondant à la capitulation du Dey Hussein à Alger. Choisir le 5 juillet 1962 pour proclamer l’indépendance a permis d’effacer symboliquement ce jour sombre de la mémoire collective algérienne. La victoire de l’Algérie, après, une guerre d’indépendance longue et brutale, a été un tournant majeur de l’histoire récente de l’Algérie.
Le 5 Juillet constitue une balise symbolique et psychologique pour nous Algériens et Algériennes. Il représente ainsi l’acte politique et salutaire par lequel, il a été mis fin à la période la plus sombre de l’histoire du pays. Plus encore, la victoire de l’Algérie a été un repère pour les autres peuples africains en quête de liberté comme elle a consacré, également, la fin des colonialismes en Afrique.
Le 5 juillet est le symbole absolu de l’unité nationale en Algérie, car il incarne le moment où tout un peuple s’est levé d’une seule voix pour recouvrir sa souveraineté. Cette unité historique, née dans la douleur et le sacrifice de la guerre de libération, demeure le socle sur lequel repose la cohésion de la société algérienne face aux défis du présent et de l’avenir. Pour la génération post-indépendance, le 5 juillet n’est plus le souvenir direct d’une libération vécue, mais un puissant vecteur d’identité, de mémoire et de légitimité politique.Cette génération s’approprie le sacrifice des aînés comme une source de dignité nationale face au monde.
Une plaie mémorielle
Plus de 60 ans après, cette date reste une étape clé dans les relations franco-algériennes. Malgré les décennies écoulées, la question mémorielle cristallise toujours, une tension profonde. Le dossier a parfois été fragilisé par des désaccords politiques ou des tensions diplomatiques entre Paris et Alger. Expulsions de diplomates, détention d’agent consulaire et manipulations médiatiques.
Tous les coups semblaient permis alimentant une scène de tensions permanentes. Malgré certaines gestes symboliques et quelques avancées, la question mémorielle reste fragile. Certes, des voix sages, en France, appellent à reconnaître publiquement les crimes coloniaux, mais le gouvernement français refuse toujours de reconnaître ses torts, aidé en cela par ceux qui à droite et à l’extrême droite française restent nostalgiques de la «grandeur» de la France coloniale et ne veulent en aucun cas renier la «mission de civilisation» portée alors par l’Empire.
Face à une Algérie qui ne demande qu’une reconnaissance pleine et entière du caractère criminel de la colonisation, la France semble prisonnière de ses clivages politiques internes, empêchant toute normalisation apaisée et sincère.
Plus qu’une commémoration
Si cette date est synonyme de fierté nationale et de mémoire collective, elle représente bien plus qu’un simple repère historique. Cette année, la commémoration du 5 juillet (64e anniversaire de l’Indépendance) dépasse largement le simple devoir de mémoire.
Elle s’inscrit au cœur d’une stratégie de refondation économique et de souveraineté géopolitique. Elle s’inscrit, également, dans un contexte marqué par l’accélération des réformes de l’Algérie, avec une orientation claire vers la consolidation des institutions et le développement socio-économique.
S. Smati
