La sortie de l’Algérie de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) constitue « une avancée majeure pour l’économie nationale ».
Selon l’expert Souhil Guessoum, expert en numérique et Président de la CAPC, qui s’exprimait lors de son intervention, sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale, ce lundi, « cette évolution devrait contribuer à améliorer sensiblement l’image et la crédibilité financières du pays au niveau international ».
« Cette décision traduit la reconnaissance des efforts déployés par les autorités pour renforcer la transparence financière et lutter contre les pratiques irrégulières », estime-t-il. Il souligne toutefois que ce résultat ne doit pas être considéré comme une finalité, mais plutôt comme le point de départ d’une nouvelle étape.
À ce titre, il rappelle que le président de la République a instruit les ministères des Finances et de la Justice de poursuivre leur action avec « rigueur et fermeté » afin de prévenir les infractions financières, de renforcer les mécanismes de contrôle et de consolider les acquis réalisés.
Au-delà des exigences de conformité financière, l’Algérie est également appelée à s’adapter aux profondes mutations technologiques qui redessinent les systèmes économiques à l’échelle mondiale. L’expert plaide ainsi pour une « accélération de l’adoption des technologies financières (FinTech), des nouveaux moyens de paiement et des solutions numériques innovantes ».
Selon lui, ces outils constituent un levier stratégique pour moderniser l’économie nationale, favoriser l’inclusion financière et améliorer l’efficacité des services.
La transformation numérique de l’administration figure également parmi les priorités des pouvoirs publics. À cet égard, le lancement du portail national des services numériques, annoncé lors du dernier Conseil des ministres, est perçu comme une étape déterminante dans la modernisation de l’action publique.
Ce portail a pour vocation d’offrir aux citoyens un point d’accès unique à l’ensemble des services administratifs. « Accessible aussi bien depuis un ordinateur que via un smartphone, il permettra d’effectuer de nombreuses démarches en ligne sans avoir à se déplacer entre différentes administrations », explique l’invité de la Chaine III.
Selon M. Guessoum, cette plateforme contribuera à réduire la bureaucratie, à simplifier les procédures administratives, à raccourcir les délais de traitement et à renforcer la transparence dans les relations entre l’administration et les usagers. Elle garantira également un accès unifié et sécurisé aux services publics.
L’Algérie a déjà franchi plusieurs étapes importantes dans ce domaine. L’obtention d’extraits de naissance, de casiers judiciaires ou encore le paiement de certaines taxes en ligne sont désormais accessibles à distance. Le nouveau portail ambitionne de regrouper l’ensemble de ces prestations au sein d’une interface unique afin de simplifier davantage les démarches des citoyens.
L’expert estime enfin que la prochaine phase de la transformation numérique ne se limitera plus à la simple dématérialisation des procédures. L’intégration de l’intelligence artificielle apparaît désormais comme un impératif pour améliorer l’efficacité des services publics et répondre aux standards internationaux les plus avancés.
R.E
