Le directeur central au niveau de l’Algérienne des eaux (ADE), Salah Eddine Cheriet, a affirmé, hier, que la question de l’eau ne relève plus uniquement du service public, mais constitue désormais «un véritable enjeu de sécurité nationale et de développement durable».
Intervenant sur les ondes de la Radio nationale, le responsable a souligné que garantir un accès équitable et régulier à l’eau potable est devenu une priorité pour l’État, particulièrement dans un contexte marqué par les changements climatiques et la raréfaction des ressources hydriques. Selon Salah Eddine Cheriet, l’Algérie multiplie les efforts pour assurer sa sécurité hydrique à travers la diversification des sources d’approvisionnement, notamment les barrages, les eaux souterraines et le dessalement de l’eau de mer.
Une situation stable
Il a indiqué que les importantes précipitations enregistrées cette année ont permis une amélioration notable du niveau de remplissage des barrages, contribuant ainsi à stabiliser la situation hydrique à l’échelle nationale.
«La situation est aujourd’hui stable», a-t-il déclaré, ajoutant que plusieurs projets hydrauliques récemment mis en service ont permis d’améliorer progressivement l’alimentation en eau potable dans de nombreuses wilayas. Parmi ces projets, figurent notamment les stations de dessalement, mais aussi les opérations de réhabilitation des réseaux de distribution afin d’améliorer leur rendement et de réduire les pertes.
Plus de 292 000 fuites réparées en 2025
Évoquant la problématique des pertes d’eau, Salah Eddine Cheriet a révélé que l’Algérienne des eaux a réparé plus de 292 000 fuites durant l’année 2025. Le coût moyen de réparation d’une fuite est estimé à près de 10 000 DA, certaines interventions pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers de dinars selon leur complexité.
Le responsable distingue deux types de pertes : les pertes techniques, causées par les fuites sur les réseaux ; les pertes commerciales, liées principalement aux branchements illicites et à la consommation frauduleuse. Pour lutter contre ce phénomène, l’entreprise a mis en place un programme national basé sur la détection et la réparation rapides des fuites, la sectorisation des réseaux pour mieux gérer la pression, l’utilisation de systèmes intelligents et numériques de surveillance, la lutte contre les raccordements illégaux.
Un dispositif spécial pour l’Aïd El-Adha
À l’approche de l’Aïd El-Adha, période marquée par une hausse exceptionnelle de la consommation d’eau, l’Algérienne des eaux a élaboré un plan spécial afin d’assurer la continuité du service.
Le dispositif prévoit la mobilisation de toutes les infrastructures de production, le remplissage progressif des réservoirs d’eau, la mise en alerte des équipes techniques 24 heures sur 24, la mobilisation des camions-citernes, une coordination renforcée avec Sonelgaz afin de prévenir toute perturbation liée aux coupures d’électricité.
Le responsable a précisé que l’entreprise dispose d’une capacité de stockage de près de 7,96 millions de mètres cubes d’eau. Plus de 60% des effectifs de l’entreprise, soit environ 37 000 travailleurs, seront mobilisés durant cette période afin de garantir un approvisionnement régulier à travers l’ensemble du territoire national.
Appel à une consommation responsable
Le directeur central a insisté sur l’importance du comportement citoyen dans la préservation des ressources hydriques. Selon lui, un simple robinet ouvert peut laisser couler jusqu’à 12 litres d’eau par minute, soit plus de 1 000 litres consommés lors du nettoyage d’un mouton si l’eau reste ouverte en continu, alors que les besoins réels n’excèdent pas 50 litres.
Dans ce cadre, l’Algérienne des eaux a lancé une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux afin d’encourager les citoyens à adopter des comportements plus responsables.
Lutte contre les branchements illicites
Le responsable a également mis en garde contre les raccordements illégaux au réseau d’eau potable, qualifiés de «menace sérieuse» pour la qualité de l’eau et la stabilité du réseau. Il a annoncé que plus de 18 500 branchements illicites ont été détectés et supprimés en 2025 grâce à des équipements de détection modernes, notamment des systèmes de géoradar.
Il rappelle que le vol d’eau constitue une infraction punie par la loi, conformément à l’article 350 du Code pénal algérien.
I. Khermane
