Malgré le rapprochement opéré ces derniers jours entre les deux pays, la présidente de l’Association France-Algérie (AFA), Ségolène Royal, n’a pas manqué de tacler le président français Emmanuel Macron.
«Le gouvernement reconnaît enfin, après des années d’aveuglement qui ont coûté cher à notre coopération sécuritaire ainsi qu’à nos partenariats économiques et énergétiques, que l’Algérie est un grand pays voisin et qu’il faut coopérer», a écrit Ségolène Royal sur X.
L’ancienne ministre affirme retrouver, dans la communication officielle actuelle sur l’Algérie, «mot pour mot» ce qu’elle déclarait ces derniers mois, «sous le feu de critiques méprisantes».
Elle accuse les autorités françaises d’avoir «tout bloqué par des comportements et des déclarations vexatoires envers l’Algérie». Ségolène Royal, qui a effectué deux voyages à Alger en trois mois, à la fin janvier puis à la fin avril 2026, revendique également son rôle dans ce processus d’apaisement.
Elle affirme avoir «ouvert la voie dès le mois de janvier», à son arrivée à la présidence de l’Association France-Algérie, en rétablissant le contact avec le président Abdelmadjid Tebboune.
Elle énumère, par ailleurs, plusieurs actions menées ces derniers mois en faveur du rapprochement entre Alger et Paris.
Elle indique notamment avoir rendu visite au journaliste incarcéré en Algérie, Christophe Gleize, et abordé «les sujets tabous» liés aux biens spoliés, aux archives à restituer, aux extraditions, ainsi qu’au dossier de l’agent consulaire algérien incarcéré en France et aux OQTF.
Elle affirme également avoir posé «les bonnes règles d’un dialogue égalitaire» et contribué à mettre en avant la réalité industrielle et économique des deux pays.
Dans ce contexte de relations tendues ces deux dernières années entre Alger et Paris, Ségolène Royal tire une autre conclusion : «La dégradation des relations avec de nombreux pays d’Afrique, qui a conduit partout au remplacement de la France, aurait pu être évitée, car elle est le résultat du même type de comportement condescendant. Il faudra reconstruire ces partenariats avec nos voisins avec intelligence et créativité.»
H.A
