L’évolution géopolitique rapide, les crises énergétiques fréquentes et les efforts de l’Algérie pour diversifier ses partenariats rendent la révision de l’accord d’association entre l’Algérie et l’UE presque inévitable.
La commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Šuica, a entamé une visite officielle en Algérie les 4 et 5 mai 2026, marquée par des discussions cruciales sur la coopération bilatérale entre l’Union européenne et l’Algérie. Au programme : des échanges approfondis sur des sujets clés tels que le commerce, l’investissement, l’énergie, la migration et la sécurité, des domaines où les deux partenaires partagent un intérêt stratégique.
Un point important de cette visite est le dialogue sur la révision potentielle de l’accord d’association entre l’UE et l’Algérie. Cet accord, signé en 2002 et entré en vigueur en 2005, avait été négocié dans un contexte économique et géopolitique bien différent. Aujourd’hui, il est jugé par certains responsables européens et algériens comme ne répondant plus aux enjeux actuels, notamment dans le secteur énergétique, où la coopération est devenue essentielle pour les deux parties.
Un accord dépassé
L’accord d’association UE–Algérie, bien qu’il ait permis de poser les bases d’une coopération dans plusieurs domaines, est désormais perçu comme un texte ne prenant pas suffisamment en compte les dynamiques actuelles du marché mondial et les enjeux géopolitiques. En particulier, le secteur de l’énergie, où l’Algérie joue un rôle stratégique dans l’approvisionnement en gaz de l’Europe, mérite d’être réexaminé.
Le 14 février dernier, à l’occasion de la deuxième édition du «Rendez-vous de l’art contemporain» à Alger, l’ambassadeur de la mission de l’UE en Algérie, Diego Mellado, a souligné la nécessité de renouveler cet accord pour mieux répondre aux nouveaux défis. Il a insisté sur la priorité de renforcer les échanges commerciaux, notamment l’accès des produits algériens au marché européen, et d’encourager les investissements européens en Algérie. Le rôle clé de l’Algérie en tant que fournisseur de gaz renforce l’argument en faveur d’une révision de l’accord afin de mieux prendre en compte les enjeux de la transition énergétique et de la sécurité énergétique.
La transition énergétique : un point central
La transition écologique et énergétique est un autre aspect majeur des discussions. L’Algérie, riche en ressources naturelles, dispose d’un potentiel important pour contribuer aux efforts mondiaux de décarbonation. Cependant, la modernisation de son secteur énergétique et son alignement avec les objectifs climatiques mondiaux nécessitent des investissements et une coopération technique, domaines dans lesquels l’UE peut jouer un rôle crucial.
Lors de sa visite, Dubravka Šuica rencontrera plusieurs ministres, dont ceux des Affaires étrangères, de l’Intérieur, de l’Éducation ainsi que de l’Énergie. Une rencontre est également prévue avec le ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, pour discuter du partenariat énergétique entre l’UE et l’Algérie et explorer de nouvelles pistes de coopération, notamment dans le cadre de la transition énergétique. Un tel partenariat permettrait à l’Algérie de diversifier son économie, actuellement trop dépendante des exportations d’hydrocarbures, tout en soutenant les ambitions de l’Union européenne en matière de décarbonation.
L’Algérie est perçue par l’Union européenne comme un partenaire stratégique, notamment grâce à sa position géographique au cœur de la Méditerranée et à ses ressources énergétiques abondantes. De plus en plus d’observateurs soulignent la nécessité d’une nouvelle dynamique dans la coopération bilatérale, tant sur les plans économique que politique.
Vers une révision de l’accord ?
La révision de l’accord d’association ne semble plus relever de la simple spéculation. L’évolution rapide de la situation géopolitique, les crises énergétiques récurrentes et les ambitions de l’Algérie de diversifier ses partenariats rendent cette révision quasi incontournable. Dans ce contexte, il devient crucial pour l’UE de tenir compte des nouveaux défis économiques, énergétiques et géopolitiques.
L’Algérie, en tant que pays clé de la région méditerranéenne, représente un partenaire indispensable pour l’Union européenne. Une révision de l’accord permettrait non seulement de renforcer la coopération, mais aussi d’ouvrir de nouvelles perspectives pour les deux parties.
Ainsi, la visite de la commissaire Šuica pourrait marquer un tournant dans les relations entre l’Union européenne et l’Algérie, en posant les bases d’un partenariat renouvelé, plus ambitieux et mieux adapté aux réalités du XXIe siècle.
Assia M.
