Le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran paraissait ce lundi ne plus tenir qu’à un fil après l’interception par les forces américaines d’un navire iranien et les menaces de représailles de Téhéran, qui affirme son refus à ce stade de participer à de nouvelles négociations de paix.
Ismail Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a jugé que les Etats-Unis avaient apporté la preuve qu’ils n’étaient «pas sérieux» dans la recherche d’une issue diplomatique au conflit déclenché le 28 février par une campagne de bombardements américano-sionistes sur l’Iran.
Il a ajouté que les revendications iraniennes déjà clairement exprimées restaient de mise et que Téhéran ne fléchirait face à aucune date butoir ni aucun ultimatum dans la défense de ses intérêts nationaux.
Un responsable iranien de haut rang a néanmoins déclaré à Reuters que Téhéran n’excluait pas de participer à de nouveaux pourparlers au vu des efforts déployés par le Pakistan, médiateur dans cette crise, mais qu’aucune décision n’avait été prise.
Les Etats-Unis ont laissé transparaître leur volonté de reprendre des négociations au Pakistan juste avant l’expiration du cessez-le-feu de deux semaines annoncé le 7 avril. Ismail Baghaei a cependant déclaré que Washington «reste figé sur des positions déraisonnables et irréalistes».
Une source iranienne de haut rang a déclaré à Reuters que la poursuite du blocus des ports iraniens par les Etats-Unis limitait la perspective de pourparlers de paix et que les «capacités défensives» de Téhéran, notamment son programme de missiles, ne sauraient être un thème de négociation.
Une source sécuritaire pakistanaise a pour sa part déclaré que le maréchal Asim Munir, qui dirige les efforts de médiation du Pakistan, avait déclaré à Donald Trump que ce blocus était un obstacle aux discussions et que le président américain lui avait répondu qu’il réfléchirait à ce conseil.
Trump menace
Face au maintien de ce blocus par les Etats-Unis, l’Iran a rétabli son interdiction de facto de naviguer dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz, ce qui a de nouveau fait flamber les cours du brut et chanceler les Bourses mondiales.
L’armée américaine a dit avoir ouvert le feu dimanche, après six heures de face-à-face, contre un navire battant pavillon iranien et se rendant vers le port iranien de Bandar Abbas et avoir mis ses moteurs hors d’usage. Elle a diffusé une vidéo montrant selon elle des «marines» descendre sur le navire le long de cordes attachées à des hélicoptères.
L’armée iranienne a déclaré que ce navire arrivait en provenance de Chine et elle a accusé les Etats-Unis de «piraterie», selon les médias officiels. La Chine a exprimé sa préoccupation face à cette «interception forcée».
Ce blocus des ports iraniens et des «exigences excessives» de la part des Etats-Unis sont autant d’arguments avancés par l’Iran pour refuser à ce stade de nouveaux pourparlers.
«On ne peut pas restreindre les exportations de pétrole de l’Iran tout en s’attendant à la sécurité pour les autres», a écrit le vice-président Mohammadreza Aref sur les réseaux sociaux. «Le choix est clair: soit un marché pétrolier libre pour tout le monde, soit le risque de coûts importants pour tout le monde.»
Donald Trump, a menacé de détruire tous les ponts et toutes les centrales électriques d’Iran si ses exigences ne sont pas respectées.
Le président américain a déclaré que ses émissaires arriveraient à Islamabad lundi soir, soit à la veille de l’expiration du cessez-le-feu.
R.I
