En déplacement inédit en Algérie, le Saint-Père a assuré ne pas avoir l’intention aucune intention d’entrer en polémique avec le président américain, tout en réaffirmant son engagement contre les conflits.
C’est une véritable passe d’armes que se sont livrée le pape XIV et le président américain Donald Trump. En effet, le pape Léon XIV assume sa mission prophétique en critiquant directement la politique criminelle de Trump.
Le chef de l’Etat du Vatican a affirmé, hier, qu’il ne craignait pas l’administration du président américain Donald Trump et qu’il continuerait à appeler à la fin des guerres, en privilégiant le dialogue et les solutions diplomatiques. «Je n’ai ni peur de l’administration Trump, ni de dire le message de l’Evangile», a répliqué le pape Léon XIV dans l’avion qui l’amenait en Algérie, ajoutant que «c’est ce que je crois être appelé à faire et ce que l’Eglise est appelée à faire».
Une réplique claire intervenant au lendemain de vives critiques formulées par Donald Trump à l’encontre du pape, à la suite de ses prises de position sur la guerre contre l’Iran. Des déclarations faites à des journalistes accompagnant le souverain pontife lors de son déplacement de Rome vers l’Algérie, première étape d’une tournée africaine de 11 jours couvrant quatre pays.
«Nous ne sommes pas des politiciens. Nous n’abordons pas la politique étrangère selon la même perspective que lui. Je continuerai à m’exprimer fermement contre la guerre, en promouvant la paix, le dialogue et le multilatéralisme entre les États afin de trouver des solutions aux conflits. Trop de gens souffrent dans le monde aujourd’hui, trop d’innocents sont tués. Il faut absolument que quelqu’un prenne la parole et dise qu’il existe une meilleure solution», a souligné le premier pape américain de l’histoire.
Il a ajouté qu’il n’avait
«aucune intention d’entrer en polémique» avec le président américain, tout en réaffirmant son engagement contre les conflits.
«Je continuerai à parler haut et fort contre la guerre. Beaucoup de personnes souffrent et beaucoup d’innocents ont été tués. Il existe une meilleure voie», a-t-il déclaré.
Pour rappel, le pape Léon XIV s’oppose ouvertement à certaines politiques de l’administration Trump, notamment sur l’immigration, qualifiant certaines mesures d’inhumaines, et les tensions militaires internationales, comme le conflit lié à l’Iran, ainsi que les menaces de Donald Trump à l’encontre de certains États, appelant à une réflexion approfondie sur ces questions.
Le pape a, par ailleurs, réitéré ses critiques concernant les conflits en cours, appelant à la fin des violences et dénonçant l’usage de la force dans les relations internationales. Samedi, lors d’une veillée de prière pour la paix au Vatican, le pape a visé implicitement Donald Trump. Dans l’une de ses plus virulentes critiques des conflits qui embrasent la planète, notamment au Moyen-Orient, le pape a déclaré que la foi était nécessaire «pour affronter ensemble ce moment dramatique de l’histoire. Assez de l’idolâtrie du moi et de l’argent ! Assez des démonstrations de force ! Assez de guerres ! La véritable force se manifeste en servant la vie».
Dimanche dernier, Donald Trump avait vivement critiqué le pape sur sa plateforme Truth Social, l’accusant d’être «indulgent envers la criminalité» et de tenir une politique étrangère «catastrophique», après ses critiques de l’intervention américano-sioniste contre l’Iran lancée le 28 février.
Dans le cadre de l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran, le pape Léon XIV a pris position publiquement en appelant à la paix et en critiquant l’usage de la force.
Il a notamment dénoncé les menaces et la logique de guerre, affirmant que les conflits actuels risquent de provoquer une «spirale de violence» et appelant les dirigeants à privilégier la diplomatie et le dialogue. Auparavant, le pape Léon avait laissé entendre qu’un «délire de toute-puissance» alimente la guerre menée par les États-Unis et Israël en Iran.
Lors d’une prière à la basilique Saint-Pierre, il a exhorté à mettre fin à la guerre, estimant que «le nom de Dieu est utilisé dans des discours de mort», et appelant à «cesser l’adoration de soi, de l’argent et de la puissance».
Synthèse S. Rouha
