Le Premier secrétaire national du FFS a souligné que l’avenir du pays ne pourra se construire que par «une mobilisation collective» et «une véritable ambition de changement».
Le premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), Youcef Aouchiche, a abordé, lors de son meeting populaire à M’Chedallah, la question des prochaines élections, affirmant que la participation de son parti vise à «réhabiliter le politique», reconquérir les espaces démocratiques et porter la voix des citoyens.
Il a précisé que le FFS abordera ces élections «avec lucidité, détermination et esprit de combat», malgré un système qu’il perçoit comme freinant le changement. Selon lui, l’objectif est de bâtir une force nationale représentative de la diversité de la société algérienne, fondée sur des principes fondamentaux tels que l’État de droit, la justice sociale, une économie productive et souveraine, ainsi que la dignité et l’égalité pour chaque citoyen.
Aouchiche a lancé un appel à l’engagement citoyen, considérant ces élections comme un «moment de vérité». Il a invité les Algériens à défendre la souveraineté populaire et à s’opposer à toute tentative de «confiscation politique», soulignant que l’avenir du pays ne pourra se construire que par «une mobilisation collective» et «une véritable ambition de changement».
Confiance et transparence
Le premier responsable du FFS a ensuite développé l’idée de «résilience nationale», qu’il voit comme une construction démocratique reposant sur la confiance, la justice et l’adhésion des citoyens. Cette résilience, selon lui, nécessite la crédibilité, une économie productive, et une société active, prête à s’engager pour un avenir commun.
Il a proposé un nouveau pacte entre l’État et les citoyens, «fondé sur la transparence, la responsabilité et la participation». Il a aussi évoqué les « forces de l’inertie» qui, selon lui, freinent le changement et perpétuent des logiques du passé. Pour y faire face, il estime qu’il ne suffit pas d’éviter l’échec, mais qu’il est essentiel de proposer «une alternative politique» capable d’ouvrir de nouvelles perspectives. Cette alternative repose, selon lui, sur un changement de modèle économique, avec un accent sur la valorisation du travail, la protection des plus vulnérables et la libération des énergies créatrices.
Youcef Aouchiche a partagé son analyse de la situation nationale. Il a évoqué ce qu’il considère comme une «crise de sens», soulignant que les défis actuels de l’Algérie ne se limitent pas aux aspects économiques ou institutionnels, mais touchent un problème plus profond, au cœur même du politique.
Aouchiche a parlé de «la rupture de confiance entre l’État et les citoyens», un phénomène qui révèle selon lui un dysfonctionnement dans le champ politique. «Il s’agit d’une crise du politique», a-t-il précisé, appelant à redonner au politique sa vocation première : organiser le vivre-ensemble, tracer une direction collective et permettre à la société de se projeter sereinement dans l’avenir.
Il a souligné la tendance à réduire le politique à des logiques administratives et sécuritaires, ce qui, selon lui, peut entraîner un immobilisme et une fragmentation de la société.
Pour Aouchiche, la réhabilitation du politique passe par «la restauration de la confiance», «le renforcement de la crédibilité de la parole publique», «l’encouragement de l’engagement citoyen et la réaffirmation de la souveraineté populaire».
En abordant la gouvernance, il a insisté sur l’importance de l’ouverture et de l’inclusivité dans la gestion des affaires publiques. Il a rappelé que la sécurité nationale est essentielle, mais que «cela ne doit pas occulter la dimension politique», ni freiner la dynamique sociale.
Consolider l’identité nationale
Le mois d’avril, a-t-il rappelé, est un moment symbolique pour la mémoire et l’affirmation de l’identité nationale.
À ce titre, Aouchiche a réaffirmé l’importance de la question amazighe, précisant que le FFS a été le premier parti à revendiquer sa reconnaissance de Tamazight en tant que langue nationale et officielle. Il a souligné que tamazight et arabité ne s’opposent pas, mais font partie d’une même réalité : l’algérianité.
Aouchiche a réitéré plusieurs revendications, dont l’élaboration d’une loi organique pour l’application de l’officialisation de tamazight, la création de l’Académie de la langue amazighe et la généralisation de son enseignement.
Le Premier secrétaire nationale du FFS a invité à une nouvelle forme de gouvernance, fondée sur des principes de confiance, de justice et de transparence. Il a souligné que seule une société qui se projette dans l’avenir, en s’appuyant sur des bases solides de démocratie et de cohésion sociale, pourra surmonter les défis actuels et bâtir un avenir commun pour tous les Algériens.
Kahina Zemmouri
