La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a vivement dénoncé le «nomadisme politique», qu’elle considère comme une dérive dangereuse pour les institutions, appelant à son interdiction stricte afin de renforcer l’éthique en politique et la lutte contre la corruption.
Réunie en session extraordinaire en son siège national, la direction du parti a passé en revue les principaux enjeux politiques nationaux et internationaux. Au cœur des discussions : la réforme du code électoral, la transparence des scrutins et les mécanismes de lutte contre la corruption.
Revenant sur la nouvelle loi électorale, Louisa Hanoune a insisté sur la nécessité de mettre fin au «nomadisme politique», qui permet à certains élus de changer de formation en cours de mandat. Une pratique qu’elle qualifie d’opportuniste et souvent liée à des intérêts douteux. Elle a rappelé que son parti est à l’origine de l’inscription de cette interdiction dans la Constitution de 2016, saluant une avancée
«majeure» dans la moralisation de la vie publique.
Nuancée, elle estime, toutefois, que des élus en rupture profonde avec leur parti devraient pouvoir changer d’appartenance à l’issue de leur mandat, à condition de démontrer l’existence de pratiques de corruption au sein de leur formation.
Transparence électorale sous tension
Sur le volet électoral, la responsable politique a plaidé pour une stricte égalité entre les candidats, tant en matière de droits que d’accès aux médias. Elle a notamment appelé à un lancement anticipé de la couverture médiatique afin de garantir l’équité du processus.
Dans le même temps, elle a dénoncé la persistance de
«l’argent sale» dans les élections, affirmant que certaines institutions, y compris le Parlement, n’étaient pas épargnées.
«Des individus achètent leur place», a-t-elle déploré, pointant également des conflits d’intérêts liés à la spéculation foncière.
Face à ces dérives, elle appelle à une mobilisation citoyenne et militante, invitant à dénoncer les pratiques illégales et à saisir la justice. Pour elle, l’enjeu est crucial : préserver la crédibilité des institutions et éviter une rupture avec les citoyens.
Soupçons de manipulation
Louisa Hanoune a également évoqué de possibles irrégularités électorales, affirmant que certaines listes seraient connues avant leur publication officielle, ce qui, selon elle, jette le doute sur la transparence du processus. Elle a néanmoins insisté sur l’importance d’encourager la participation électorale, plaidant pour une ouverture exceptionnelle des inscriptions afin de garantir le droit de vote.
Préoccupations sociales persistantes
Au-delà des questions procédurales, la secrétaire générale a abordé plusieurs dossiers sociaux. Elle a notamment défendu une plus grande participation des femmes et des jeunes à la vie publique.
Elle a également alerté sur la situation précaire de nombreux journalistes travaillant dans des chaînes privées, certains étant privés de salaire pendant plusieurs mois. Une situation jugée
«insoutenable», qui appelle, selon elle, une intervention urgente des autorités.
Les retraités, les étudiants et les personnes en situation de handicap figurent également parmi les préoccupations soulevées. Elle a notamment critiqué les limites du dispositif de gratuité des transports, qu’elle juge insuffisant et peu inclusif.
Un contexte international inquiétant
Sur le plan international, Louisa Hanoune a vivement réagi à une décision du parlement de l’entité sioniste relative à la peine de mort visant des prisonniers palestiniens, qu’elle a qualifiée d’«acte terroriste sans précédent».
Dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques et une
«guerre économique» croissante, elle a également évoqué les mobilisations contre Donald Trump, estimant que «seuls les peuples» sont en mesure d’inverser ces dynamiques et de mettre un terme aux dérives actuelles.
K. Zemmouri
