L’eurodéputée d’origine palestinienne, Rima Hassan, se prépare à affronter la justice dans une affaire qui déchaîne les passions.
Le procureur de Paris a décidé d’envoyer la députée devant le tribunal correctionnel en juillet 2026, où elle sera jugée pour des accusations de «glorification du terrorisme en ligne».
Cette décision fait suite à une publication controversée sur la plateforme X (anciennement Twitter), dans laquelle elle aurait exprimé des propos jugés favorables à un attentat terroriste commis en 1972 à l’aéroport de Lod. Toutefois, la publication en question a été rapidement supprimée, et Rima Hassan a nié avoir encouragé ou justifié la violence. Son arrestation a donc jeté une lumière sur la question délicate de la liberté d’expression, en particulier dans un contexte politique aussi tendu.
L’affaire a rapidement pris une ampleur politique, car Rima Hassan est connue pour ses positions fermes en faveur de la cause palestinienne. Son soutien constant aux droits du peuple palestinien et ses prises de position contre les politiques sionistes l’ont mise en première ligne des débats politiques en France. C’est d’ailleurs ce contexte qui, selon ses alliés, pourrait expliquer l’acharnement judiciaire dont elle fait l’objet.
La publication contestée
Jeudi, la députée a été arrêtée et placée en garde à vue dans le cadre de l’enquête ouverte. Après une brève détention, Hassan a été libérée sous caution, mais devra se présenter devant le tribunal le 7 juillet prochain. Si elle est reconnue coupable, Rima pourrait encourir jusqu’à sept ans de prison, une sanction particulièrement lourde pour des accusations liées à un message posté sur les réseaux sociaux.
Dans ses premières déclarations après sa libération, Rima Hassan a affirmé que les policiers avaient été «très polis et professionnels». Cependant, elle a immédiatement rejeté les accusations concernant un prétendu soutien au terrorisme. Dans un message publié sur X, elle a qualifié les allégations de «mensonges» et a affirmé que la seule substance retrouvée lors de la perquisition de ses biens était du «CBD», une molécule légale qui ne constitue en aucun cas une drogue illicite.
Un contexte politique tendu
Cette affaire survient dans un contexte particulièrement sensible. Le gouvernement français, tout en insistant sur la nécessité d’appliquer la loi de manière stricte contre la glorification du terrorisme, fait face à de vives critiques, notamment de la part du mouvement politique « La France Insoumise », auquel appartient Rima Hassan. Jean-Luc Mélenchon, leader du mouvement, a dénoncé ce qu’il considère comme une manœuvre politique visant à réduire au silence les voix critiques de la politique sioniste.
Pour ses alliés, l’attaque judiciaire contre Rima Hassan fait partie d’une « campagne de harcèlement » visant à étouffer les voix pro-palestiniennes, alors que l’Europe continue de faire face à des tensions croissantes autour du conflit sionisto-palestinien. Manon Aubry, une autre députée de « La France Insoumise » au Parlement européen, a également exprimé son soutien à Rima, qualifiant l’incident de « nouveau niveau de harcèlement judiciaire ».
Une militante de la cause palestinienne
Rima Hassan, âgée de 33 ans, est une figure montante de la scène politique française, particulièrement reconnue pour son engagement en faveur de la cause palestinienne. Depuis plusieurs années, elle se distingue par son soutien sans faille aux droits des Palestiniens, notamment à travers sa participation à la « Flottille de la Liberté », un projet visant à briser le blocus sioniste de Gaza.
Ce n’est pas la première fois que la députée se retrouve au cœur d’une controverse judiciaire. Depuis la fin de l’année 2023, elle est sous enquête pour des propos jugés comme une « glorification du terrorisme » après une déclaration qu’elle aurait faite concernant les événements liés à l’attaque « Tempête d’Al-Aqsa » en octobre 2023. Bien que les accusations aient été fortement critiquées par ses soutiens, elles témoignent de la pression grandissante exercée sur les personnalités politiques qui osent critiquer les actions de l’entité sioniste.
Le débat sur la liberté d’expression
Cette affaire soulève un débat crucial sur les limites de la liberté d’expression dans le contexte des réseaux sociaux et du discours politique. Les autorités françaises insistent sur le fait que la glorification du terrorisme ne peut être tolérée, mais pour de nombreux observateurs, la question demeure : jusqu’où peut-on aller dans la restriction des propos politiques, surtout lorsqu’ils concernent des conflits internationaux sensibles comme celui entre l’entité sioniste et la Palestine ?
Le 7 juillet 2026, la justice française devra trancher dans cette affaire, et son verdict pourrait bien avoir des répercussions bien au-delà de la personne de Rima Hassan, touchant les principes mêmes de liberté d’expression et de droit politique dans une Europe déjà fragilisée par les tensions géopolitiques.
R.I
