Au-delà du drame humain, l’affaire de Minab est devenue un symbole du débat mondial sur la conduite des guerres modernes, où les frappes de précision, les erreurs de renseignement et la proximité entre infrastructures militaires et civiles rendent les responsabilités particulièrement complexes à établir.
Un événement organisé à Genève par la mission iranienne auprès des Nations unies met en lumière l’attaque meurtrière contre une école de filles à Minab, dans le sud de l’Iran. L’attaque, qui a fait au moins 165 morts parmi les élèves et enseignants selon plusieurs sources, soulève des questions majeures sur la conduite de la guerre et le respect du droit international humanitaire.
Le document présenté, un communiqué annonçant un «side event» organisé le 16 mars 2026 au Palais des nations à Genève, sous l’égide de la mission permanente de l’Iran auprès de l’ONU. L’événement est intitulé «L’attaque criminelle contre une école de filles à Minab : une grave violation du droit international humanitaire et des droits humains».
Selon ce communiqué, l’objectif est d’examiner les implications juridiques et humanitaires de l’attaque et de donner la parole à des experts internationaux ainsi qu’à des survivants.
Dans le texte de présentation, les organisateurs affirment qu’une attaque coordonnée menée le 28 février 2026 contre l’Iran aurait visé plusieurs infrastructures civiles, dont des écoles. Parmi celles-ci, figure l’école primaire de filles Shajareh Tayyebeh, située dans la ville de Minab, dans la province d’Hormozgan.
Le texte affirme que la frappe s’est produite alors que les élèves se trouvaient en classe et aurait causé la mort d’au moins 165 enfants et blessé de nombreux autres, la plupart âgées de 7 à 12 ans. Le document insiste sur le fait que les écoles sont protégées par le droit international et que leur bombardement pourrait constituer un crime de guerre.
Les informations disponibles dans les médias internationaux confirment qu’une frappe de missile a bien détruit cette école le 28 février 2026, faisant de nombreuses victimes civiles. L’attaque est considérée comme l’un des épisodes les plus meurtriers du conflit déclenché ce jour-là entre l’Iran et ses adversaires. Selon des analyses indépendantes et des images satellitaires, le bâtiment scolaire a été frappé par une explosion qui a provoqué l’effondrement du toit sur les élèves, ensevelissant de nombreuses victimes sous les décombres.
Plusieurs enquêtes journalistiques évoquent l’hypothèse d’une frappe américaine par missile Tomahawk visant initialement une installation militaire voisine, située à proximité du complexe scolaire. Des sources militaires américaines citées par la presse indiquent que la frappe aurait pu résulter d’un renseignement obsolète qui identifiait le site comme une base des Gardiens de la Révolution, alors qu’il était utilisé comme école depuis plusieurs années.
Cette version reste, cependant, contestée et fait l’objet d’investigations. Washington affirme ne pas cibler volontairement des civils et a annoncé l’ouverture d’une enquête interne, tandis que l’Iran accuse explicitement les États-Unis et les sionistes d’avoir commis un crime de guerre.
Au niveau international, l’attaque a suscité une vive émotion. Des experts des Nations unies ont déclaré qu’une frappe contre une école constituait «une grave atteinte aux enfants, à l’éducation et à l’avenir d’une communauté», appelant à une enquête indépendante et à l’établissement des responsabilités.
C’est précisément dans ce contexte que s’inscrit l’événement organisé à Genève. Selon le communiqué, la conférence doit analyser les conséquences juridiques de cette attaque au regard du droit international humanitaire et des droits humains, notamment l’obligation de distinguer entre objectifs militaires et civils et de protéger les enfants en période de conflit.
Au-delà du drame humain, l’affaire de Minab est devenue un symbole du débat mondial sur la conduite des guerres modernes, où les frappes de précision, les erreurs de renseignement et la proximité entre infrastructures militaires et civiles rendent les responsabilités particulièrement complexes à établir.
L’événement organisé à l’ONU vise ainsi à transformer cette tragédie en débat international sur la protection des populations civiles et la responsabilité des États dans les conflits contemporains.
S. Méhalla
