L’objectif pour l’Algérie est de fournir 60% des besoins en eau potable d’ici à 2030.
L’Algérie mise massivement sur le dessalement d’eau de mer pour garantir sa sécurité hydrique. C’est une véritable révolution en matière de dessalement de l’eau que vit l’Algérie depuis quelques années, a fait savoir, hier, Hachlaf Mouloud, assistant du PDG chargé de la communication auprès de l’AEC (Algerian Energy Company).
Hôte de l’émission «l’Invité du matin» de la Radio Chaîne I de la Radio nationale, Mouloud Hachlaf a indiqué que le premier programme complémentaire, qui a été finalisé, englobait la réalisation de cinq grandes stations avec une capacité globale de 1,5 million de m3 par jour.
Aujourd’hui, les cinq stations sont majoritairement en service et elles ont atteint leur pleine capacité de production. Selon Hachlaf Mouloud, ce sont plus de 300 millions de m3 qui on été fournis par ces stations. Cela a considérablement renforcé la sécurité hydrique. Ce programme a participé à l’augmentation de la contribution du dessalement dans la satisfaction des besoins des citoyens en eau potable, qui est passée de 18 à 42% (2,2 millions de m3 à 3,7 millions de m3).
Elargir le maillage
S’agissant du deuxième programme national complémentaire de dessalement de l’eau de mer, le responsable a indiqué qu’il prévoit la construction de 6 grandes stations d’une capacité de 300.000 m³ par jour chacune, réparties à l’est et à l’ouest du pays.
L’implantation de la première phase de ce deuxième programme complémentaire se fera dans l’ouest du pays en raison de la faible pluviosité par rapport aux autres régions. Les sites pour la réalisation des premières stations ont été préalablement sélectionnés dans les wilayas de Chlef, Mostaganem et Tlemcen.
S’appuyant sur l’expérience déjà acquise, Mouloud Hachlaf a indiqué que la même stratégie a été adoptée, qui consiste à travailler avec les entreprises nationales, notamment les filiales du groupe Sonatrach et Cosider Canalisation.
La station de Tlemcen est confiée à Cosider Canalisation. Quant à celle de Mostaganem, c’est la Société algérienne pour les projets industriels (Sapri), filiale de Sonatrach, et pour celle Chlef, c’est la Société algérienne des grands travaux pétroliers (GTP) qui est chargée de sa réalisation.
L’assistant du PDG de l’AEC a indiqué que les chantiers de cette première phase sont déjà ouverts, ajoutant que la particularité de ce programme est que ces nouvelles infrastructures cibleront principalement les zones situées entre 200 et 250 km du littoral, souvent les plus exposées à la sécheresse.
Pour ce qui est des délais de réalisation, il a souligné qu’après le lancement de chantiers, ils tournent autour de 26 mois comme cela a été le cas pour les projets précédents. Pour la seconde phase, le responsable a fait savoir que le lieu d’implantation n’a pas encore été décidé.
Concernant le sud du pays qui regorge d’eau salée, la démarche s’appuie sur des solutions innovantes et efficaces de dessalement des eaux souterraines salées et saumâtres. Mouloud Hachlaf a évoque l’utilisation d’unités mobiles en conteneurs qui peuvent traiter entre 2 500 m3 par jour et 50 000 m3 par jour.
Des milliards investis
A l’horizon 2030, l’objectif est d’avoir 27 stations de dessalement avec une capacité globale de 5,7 millions de m3 par jour, ce qui représentera
60% des besoins en eau potable.
L’invité de la radio a souligné que ce sont milliards qui ont été consentis. Pour le premier programme complémentaire, ce sont 2,4 milliards de dollars. Le deuxième programme, dans sa première phase, dépasse le milliard de dollars. Si l’on additionne l’ensemble des investissements dans le dessalement, on atteint les 8 milliards de dollars.
S.Smati
