Le premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), Youcef Aouchiche, a souligné, jeudi dernier, la nécessité de bâtir un projet national solide fondé sur la résilience, le développement et la démocratie.
Aouchiche, qui s’exprimait à l’occasion de l’ouverture de la rencontre fédérale des cadres du parti dans la fédération d’Alger, a rappelé que la puissance d’un État ne se mesure pas uniquement à ses capacités militaires ou à ses ressources naturelles, mais repose avant tout sur la cohésion de la société et la confiance des citoyens envers leurs institutions.
«Aucun État ne peut être fort et stable sans la participation effective de son peuple à la vie publique et sans un contrat politique fondé sur la légitimité démocratique», a-t-il affirmé, insistant sur l’importance de consolider l’État de droit et les libertés afin de renforcer la résilience nationale.
Dans le même esprit, Youcef Aouchiche a plaidé pour la construction d’une économie nationale capable d’assurer l’autosuffisance dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment la sécurité alimentaire, énergétique, technologique et numérique. Ces domaines constituent, selon lui, des leviers essentiels pour garantir la souveraineté nationale dans un contexte international incertain.
Législatives, une étape déterminante
Abordant la situation interne du pays, il a estimé que l’Algérie se trouve à un moment charnière de son histoire politique, notamment à l’approche des élections législatives prévues cette année.
Il a évoqué plusieurs défis majeurs auxquels le pays est confronté, notamment la fragilité du modèle économique, la baisse du pouvoir d’achat des citoyens ainsi que l’élargissement du fossé de confiance entre la société et les institutions.
Pour le responsable du FFS, ces enjeux exigent «clarté politique, volonté réelle de réforme et responsabilité collective» de la part de l’ensemble des forces nationales.
Dans ce contexte, il a affirmé que les prochaines élections législatives ne doivent pas être réduites à une simple compétition électorale, mais constituer une étape déterminante pour l’avenir du pays.
Ces élections devraient permettre l’émergence d’une Assemblée populaire nationale crédible, reflétant véritablement la volonté populaire et capable d’exercer pleinement ses prérogatives constitutionnelles en matière de législation et de contrôle.
Un projet de société articulé autour de cinq priorités
Au cours de son intervention, Youcef Aouchiche a présenté les grandes orientations du projet politique défendu par le FFS.
Celui-ci s’articule autour de cinq axes principaux : la consolidation de l’État de droit, la sortie de l’économie rentière, le renforcement de la justice sociale, la préservation de l’unité nationale dans le respect de la diversité culturelle et la réhabilitation de l’action politique.
Il a notamment insisté sur la nécessité de diversifier l’économie nationale et de réduire la dépendance aux hydrocarbures, à travers la relance de l’industrie, le développement d’une agriculture moderne et le soutien à l’économie de la connaissance et à l’innovation.
Sur le plan social, il a rappelé que la cohésion nationale repose sur l’équité et la justice sociale. Le pouvoir d’achat, l’accès à un travail décent et la qualité des services publics constituent, selon lui, des droits fondamentaux pour les citoyens.
Evoquant la question de l’identité nationale, il a souligné que la richesse de l’Algérie réside dans la diversité de ses composantes culturelles, citant notamment l’islam, l’amazighité, l’arabité et l’ouverture à la modernité comme éléments constitutifs de la personnalité nationale.
Un ordre mondial en recomposition
Dans un discours à forte portée politique, Youcef Aouchichea évoqué les profondes mutations que connaît aujourd’hui le système international.
Il a notamment fait référence aux tensions et aux guerres en cours et aux risques qu’elles font peser sur la stabilité mondiale, notamment la possibilité d’un conflit généralisé au Moyen-Orient. Selon lui, le monde traverse une étape historique marquée par une recomposition des équilibres de puissance et une intensification de la compétition géopolitique.
Face à ces bouleversements, il a appelé l’Algérie à renforcer sa vigilance et sa résilience stratégique afin de préserver sa souveraineté nationale.
Appel à la mobilisation citoyenne
Enfin, Youcef Aouchiche a appelé à redonner toute sa place à l’action politique et au débat démocratique, estimant que la crise que traverse le pays est également une crise de confiance et de représentation.
Concluant son intervention, il a lancé un appel à la mobilisation des citoyens afin de contribuer à la construction de l’avenir du pays. Selon lui, seule une nation unie, confiante en elle-même et portée par un projet démocratique partagé pourra préserver sa souveraineté et assurer sa stabilité dans un contexte international marqué par de profondes incertitudes.
«L’Algérie que nous voulons est une Algérie démocratique, sociale, unie et souveraine dans ses décisions», a-t-il conclu.
K. Zemmouri
