Tout en souhaitant aborder les questions de sécurité, de réadmission, de lutte contre le terrorisme et le narcotrafic, Laurent Nuñez assure que sa visite en Algérie «est en cours de préparation».
Alors que tout semblait compromis, notamment après l’intervention du président Tebboune, qui paraissait avoir définitivement fermé la porte à la visite annoncée du ministre français de l’Intérieur — Laurent Nuñez avait auparavant posé des conditions jugées inacceptables par Alger — ce dernier a annoncé qu’il se rendrait finalement à Alger sans préalables. La visite de Nuñez est donc maintenue malgré les soubresauts diplomatiques de ces derniers jours.
Une visite centrée sur la sécurité et la réadmission
Hier, Laurent Nuñez a déclaré sur BFMTV-RMC que Paris et Alger travaillent «aux conditions» de sa visite, précisant qu’une visite «est dans les tuyaux». «J’ai toujours une invitation en cours de mon homologue (…). Bien sûr, j’y répondrai, on travaille aux conditions de cette visite», a-t-il ajouté, sans donner de date précise.
Lors de ce déplacement, le ministre souhaite mettre de côté ses préalables et aborder «les questions de sécurité, de réadmission, de lutte contre le terrorisme et le narcotrafic».
«Je me félicite que les échanges sécuritaires aient repris entre les deux pays», a-t-il souligné, tout en précisant que les retours de ressortissants algériens sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) n’ont pas encore repris. «Mais on y arrivera», a-t-il affirmé, rappelant que 40% des ressortissants algériens dans les centres de rétention administrative sont actuellement concernés.
Il y a une semaine, au micro de TF1, Nuñez avait évoqué la reprise des expulsions d’Algériens sous OQTF, refusées jusqu’ici par Alger, condition qu’il avait qualifiée de «minimaliste» pour sa visite. Le ministre avait également réitéré son souhait d’une avancée sur le dossier du journaliste français Christophe Gleizes, détenu depuis juin 2025.
L’accord de 1968 au cœur des débats
Du côté français, les questions migratoires restent au cœur du débat politique. L’accord franco-algérien de 1968, révisé à plusieurs reprises (1985, 1994 et 2001), continue d’être remis sur la table, les Algériens représentant la première nationalité étrangère en France. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a insisté sur la nécessité de réviser cet accord, le jugeant obsolète et devant être adapté pour «mieux servir les intérêts de la France».
Dans un entretien accordé à La Voix du Nord, Lecornu a précisé que son gouvernement prépare «une stratégie sur mesure, pays par pays, concernant les visas, les reconduites à la frontière et les laissez-passer consulaires». Alors que le Rassemblement national avait proposé en octobre la fin de cet accord, le Premier ministre privilégie une renégociation plutôt qu’une abrogation pure et simple. Il a annoncé que le président Emmanuel Macron prendrait prochainement des initiatives concrètes sur ce dossier, sans en préciser le détail.
Vers une stratégie unifiée pour l’Algérie
Selon Lecornu, cette nouvelle stratégie unifie la doctrine de plusieurs ministères, dont les Affaires étrangères et l’Intérieur, et donne un «cap clair» vis-à-vis de l’Algérie. Il a également souligné que les Algériens n’avaient pas bénéficié des récentes dispositions sur l’immigration, telles que les passeports talents ou la régularisation via les métiers sous tension, et que les étudiants algériens restent désavantagés pour accéder à l’emploi après leurs études.
H. Adryen
