Cette opération est suivie de près par le général d’armée, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, à travers la Direction des industries militaires.
Le plan de renouvellement du parc national de transport public de voyageurs commence à se concrétiser. Une première cargaison de 335 bus neufs est arrivée, hier, au port d’Alger, sur un total de 6.800 unités devant être importées depuis la Chine et l’Allemagne.
Cette opération s’inscrit dans le cadre du programme présidentiel d’importation de 10.000 bus neufs, destiné à moderniser la flotte nationale de transport. Elle est supervisée de près par le général d’armée, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, à travers la Direction des industries militaires, qui supervise notamment l’Entreprise de développement industriel et de véhicules (EDIV, ex-SNVI), l’une des trois entreprises bénéficiant d’une licence d’importation.
Selon les autorités, la réception des bus restants se poursuivra dans les prochains jours, «selon le même programme», afin de permettre une mise en service progressive de ces nouveaux moyens de transport.
Un renouvellement imposé par l’urgence
Cette décision fait suite au tragique accident de l’ouedEl Harrach, qui a révélé de graves défaillances dans le secteur des transports. Le président de la République avait alors ordonné le retrait immédiat des bus de plus de 30 ans du parc national, ainsi que l’importation urgente de 10.000 bus neufs.
Lors d’une réunion gouvernementale tenue le 26 août 2025, présidée par le Premier ministre SifiGhrieb, une feuille de route avait été adoptée. Celle-ci prévoit le remplacement de l’ensemble des bus en service depuis plus de 30 ans etde la moitié des véhicules âgés de 25 à 30 ans. Le reste du parc devrait être renouvelé progressivement, notamment via les capacités de production nationales.
En septembre, le ministre de l’Intérieur et des Transports, Saïd Sayoud, avait précisé que 4 680 bus importés seraient destinés à remplacer ceux de plus de 30 ans, tandis que 5 320 autres seraient affectés au renouvellement partiel des bus âgés de 20 à 30 ans.
Vers une structuration durable du secteur
Au-delà de l’importation, l’Exécutif affiche une volonté de réorganiser le secteur sur le long terme. La référence aux «capacités de production nationales» traduit l’intention de relancer les unités industrielles locales, parfois à l’arrêt ou sous-exploitées, et de renforcer la production nationale, notamment via Sonacome et les unités du ministère de la Défense.
Dans cette optique, des mesures d’accompagnement ont été décidées : incitations fiscales et douanières pour l’acquisition de bus neufs ou âgés de moins de cinq ans, et encouragement à la fabrication locale afin de soutenir l’économie nationale.
Sur le plan opérationnel, des commissions mixtes seront mises en place au niveau des wilayas. Composées de représentants des différents acteurs, elles devront inspecter les bus sur le terrain (structure, état intérieur, sièges, sécurité) et autoriser la circulation uniquement après validation officielle.
Des bus made in Algeria en perspective
Outre les bus déjà produits localement par la SNVI, plusieurs opérateurs ont manifesté leur intention d’investir dans la fabrication de bus en Algérie.
Un accord a été signé en décembre dernier entre la Société algérienne de fabrication de véhicules utilitaires et industriels (SFVUI), filiale du groupe Ferrovial, et le constructeur biélorusse Minsk Automobile Plant (MAZ). Il prévoit la création d’une unité de production de bus à Oued El Bardi, dans la wilaya de Bouira.
En octobre 2025, le Premier ministre SifiGhrieb a inauguré, à Chlef, une unité de fabrication de bus, camions et pièces détachées au sein de l’usine PENG-PU, à Oum Drou.
Enfin, en mars de la même année, des représentants de la société Austroid Corporation, détentrice de la marque américaine ENC, ont réaffirmé leur engagement à concrétiser un projet industriel en Algérie, en phase avec la politique de l’État.
F. Houali
