Le Conseil consultatif (Majliss Choura) du Mouvement de la société pour la paix (MSP) a tenu, hier, sa sixième session ordinaire sous le slogan : «Par la concertation, la force de l’organisation… préparation aux échéances… au service de la patrie et du citoyen.»
À cette occasion, le président du mouvement, Abdelali Hassani Chérif, a dressé un large panorama des enjeux politiques, économiques et géopolitiques auxquels fait face l’Algérie, tout en exposant les orientations futures de son parti.
Préparer les échéances avec sérieux
Dans son allocution, Hassani Chérif a insisté sur la nécessité pour le MSP d’aborder les prochaines échéances politiques avec «sérieux et persévérance» afin de consolider sa position en tant qu’acteur politique influent, porteur d’une vision réformatrice et de solutions concrètes.
Il a souligné que cette ambition repose sur l’engagement des élus, des militants et des cadres du mouvement autour d’un programme clair et d’orientations cohérentes.
Pour une coexistence politique apaisée
Mettant en avant le principe de «coexistence politique», le président du MSP a rejeté toute logique de confrontation partisane. «Nous remplissons notre rôle sans considérer qu’il est dirigé contre des partis ou des associations ; notre rôle est orienté vers notre société, notre peuple et notre pays», a-t-il affirmé.
Il a ainsi appelé à bâtir des relations politiques fondées sur la concertation et le respect mutuel, loin de toute rivalité qu’il a qualifiée de «blâmable».
Refus de l’instrumentalisation des causes nationales
Abdelali Hassani Chérif a également dénoncé toute tentative de monopolisation du patriotisme, de l’islam, de la cause palestinienne ou d’autres questions fondamentales à des fins politiques ou électorales. Selon lui, ces causes constituent pour le MSP des «principes et des constantes» qui ne sauraient être instrumentalisés.
Réformes politiques et exigences démocratiques
Alors que l’Algérie s’apprête à entrer, en 2026, dans un cycle de réformes législatives touchant la Constitution, la loi sur les partis et le code électoral, le MSP a annoncé une position ferme en faveur du renforcement des libertés et de l’élargissement du consensus national.
Pour le président du mouvement, toute réforme doit contribuer à la stabilité de la société et de l’État. Il a, dans ce cadre, plaidé pour une refonte profonde de l’environnement de gouvernance, estimant que les pratiques bureaucratiques héritées du passé freinent le développement, l’investissement et l’ouverture économique.
Jeunesse et femmes au cœur du projet politique
Le président du MSP a réaffirmé l’engagement de son parti à ouvrir davantage l’espace politique à la jeunesse, aux femmes et aux générations futures, afin qu’elles puissent jouer pleinement leur rôle sur les plans politique et électoral.
Défis économiques et attentes sociales
Sur le plan économique, Hassani Chérif a mis en lumière la persistance de plusieurs défis, notamment la dépendance aux hydrocarbures, la baisse du pouvoir d’achat et les difficultés liées à la diversification économique, malgré certains indicateurs jugés positifs.
Sur le plan social, il a évoqué les revendications croissantes de la jeunesse, des femmes et des diplômés universitaires, appelant à des politiques publiques plus efficaces et mieux adaptées à leurs attentes.
Mémoire nationale et criminalisation du colonialisme
Le président du MSP a salué l’initiative visant à criminaliser le colonialisme français, la qualifiant d’avancée importante. Il a exprimé le souhait de voir cette démarche aboutir à l’adoption d’une loi consacrant officiellement cette reconnaissance historique.
Un monde instable et multipolaire
Abordant la conjoncture internationale, Hassani Chérif a décrit un nouvel ordre mondial instable, marqué par la multipolarité et la concurrence géopolitique. Selon lui, les conflits armés cèdent désormais la place à des «instruments doux» et à des stratégies de déstabilisation interne.
Dans ce contexte, il a appelé les pays émergents à adopter des politiques flexibles et à renforcer leur cohésion interne à travers le consensus, l’unité et le rassemblement.
La Palestine, une cause centrale
Le dirigeant du MSP a longuement insisté sur la centralité de la cause palestinienne, dénonçant les tentatives visant à la réduire à une simple question humanitaire. Il a réaffirmé le soutien politique et humanitaire indéfectible de son mouvement au peuple palestinien.
Appel à la souveraineté nationale
En conclusion, Abdelali Hassani Chérif a appelé à la consolidation de la souveraineté nationale face aux mutations profondes du système international. Il a souligné l’importance de l’unité interne et d’un large consensus politique pour préserver la stabilité du pays dans un contexte mondial de plus en plus incertain.
I. Khermane
