La cérémonie officielle d’inauguration devrait être présidée par le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune.
Les préparations pour le lancement officiel de l’exploitation de la mine de fer de Gara Djebilet et de la ligne minière ferroviaire Ouest, entrent dans leur phase finale. Dans ce cadre, une délégation ministérielle a effectué, hier, une visite de travail dans la wilaya de Tindouf pour superviser la cérémonie du premier chargement du minerai de fer à Gara Djebilet et donner le signal de départ des wagons de marchandises et du train de voyageurs en direction de la wilaya de Béchar via la ligne ferroviaire minière Ouest.
La délégation était composée du ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures et des Mines, du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, du ministre des Travaux publics et des Infrastructures, et du secrétaire d’Etat auprès du ministre des Hydrocarbures et des Mines, chargé des mines.
Le président Tebboune attendu
Après le succès de la phase des essais techniques, les choses semblent s’accélérer en prévision de l’inauguration officielle de l’exploitation du minerai de fer extrait de la mine de Gara Djebilet. Une cérémonie devant être présidée par le président de la République Abdelmadjid Tebboune. L’intérêt du chef de l’Etat pour le projet est tel qu’il a fixé des délais précis à l’Exécutif.
Lors de l’inauguration de la 33e édition de la Foire de la production algérienne, il avait annoncé que le premier train transportant du minerai de fer de la mine de Gara Djebilet arriverait à Oran fin janvier prochain. Fin novembre 2025, lors de sa visite de travail à Constantine, le Président avait même confirmé qu’il se rendrait à Béchar pour superviser une «cérémonie historique à l’occasion de l’arrivée, pour la première fois depuis l’indépendance, du fer extrait de la mine de Gara Djebilet à Béchar via la ligne de chemin de fer minier Tindouf-Béchar».
Épine dorsale logistique
La nouvelle ligne ferroviaire reliant Béchar à Gara Djebilet et Tindouf, réalisée dans un temps record, constitue l’un des projets les plus importants réalisés ces dernières années, en raison de ses enjeux économiques et stratégiques majeurs.
Cette ligne s’étend sur environ 956 km comprenant trois grands tronçons et leur raccordement à la ligne Béchar-Oran ainsi que huit gares. Elle est dotée de technologies modernes permettant le transport de wagons d’une capacité allant jusqu’à 100 tonnes, contre 60 tonnes sur le réseau ferroviaire actuel, ouvrant ainsi la voie à l’exploitation future de trains lourds. Finis donc les convois classiques et place à des trains de 150 à 170 wagons, longs de plus de 2,2 km, capables de transporter jusqu’à 17 000 tonnes chacun.
À terme, l’Etat vise 50 millions de tonnes de minerai par an, en plus de 25 millions de tonnes de produits industriels issus de Béchar. Sur le plan de l’emploi, la mise en service de la ligne de Gara Djebilet a permis, lors de sa première phase, la création de 554 emplois directs dans les wilayas de Béchar, Béni Abbès et Tindouf. À terme, le projet devrait générer plus de 3.400 emplois directs, en plus de nombreux emplois indirects dans les domaines de la maintenance, de la sécurité et des services commerciaux.
Un levier économique majeur
La mine de fer de Gara Djebilet est considérée comme l’une des plus grandes mines à ciel ouvert au monde en termes de réserves, estimées à environ 3,5 milliards de tonnes de minerai.
La mine de fer est composée de 3 zones d’exploitation qui sera opéré en plusieurs phases. Pour compléter le projet, un complexe sidérurgique sera implanté dans la wilaya de Béchar avec un investissement de un milliard de dollars. Cette usine compte également plusieurs unités de traitement et de transformation du fer, et d’autres de fabrication de wagons pour le transport du minerai de fer de Gara Djebilet vers Béchar et le complexe sidérurgique de Tosyali situé à Bethioua (Oran).
Le lancement de l’exploitation du minerai de fer extrait de cette mine constitue, à ce titre, une étape stratégique pour l’Algérie, à même de renforcer la souveraineté industrielle et d’impulser le développement au Sud, dans la perspective de transformer la région en pôle économique intégré.
A travers ce projet, l’Algérie prépare aussi les bases d’un hub métallurgique régional, en assurant l’acheminement de quantités industrielles de minerai de fer vers les unités de transformation locales ainsi que les ports.
S. Smati
