L’Algérie s’apprête à lancer l’exploitation de la mine de fer de Gara Djebilet (Tindouf), l’une des plus grandes au monde avec 3,5 milliards de tonnes de réserves.
Le secteur minier national, longtemps négligé, connaît une véritable renaissance grâce à la multiplication de projets d’envergure lancés à travers le pays. Ces dernières années, l’Algérie a accéléré la réalisation de grandes infrastructures au fort impact économique, permettant ainsi le démarrage de l’exploitation de ressources majeures, notamment la mine de fer de Gara Djebilet (wilaya de Tindouf), dont l’exploitation est prévue au premier trimestre 2026.
Cette dynamique s’accompagne de la mise en service progressive de plusieurs infrastructures stratégiques destinées à promouvoir les exportations hors hydrocarbures, en attendant l’achèvement de projets structurants comme celui de Gara Djebilet. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé, lors du Conseil des ministres du 16 novembre dernier, que l’exploitation de cette mine débutera au premier trimestre 2026.
Pour le chef de l’État, cet événement, le premier du genre dans l’histoire de l’Algérie indépendante, envoie un message fort : celui d’une nouvelle orientation nationale fondée sur la souveraineté économique et la diversification des ressources, au-delà des hydrocarbures. Il a, par ailleurs, appelé à redoubler d’efforts, rappelant que le temps est compté avant que ce projet stratégique ne devienne pleinement opérationnel dans toutes ses composantes.
Renforcer l’industrie nationale
Le lancement de l’exploitation de la mine de Gara Djebilet, l’une des plus grandes au monde avec des réserves estimées à 3,5 milliards de tonnes, marquera un tournant historique pour l’Algérie. Les experts économiques considèrent que ce projet permettra de renforcer la souveraineté industrielle du pays et de stimuler le développement dans le Sud, en transformant la région en un véritable pôle économique intégré.
Selon l’expert économique El Houari Tigharsi, l’exploitation de la mine marquera un cap décisif dans la construction d’une base industrielle sidérurgique. Il souligne que les importantes réserves de minerai offrent une opportunité unique de renforcer l’industrie minière nationale, en mettant l’accent sur le traitement local du minerai.
La création d’unités de traitement à Tindouf, Béchar et Naâma permettra le développement de nouvelles chaînes de valeur industrielles, allant de la transformation primaire du minerai de fer aux industries métallurgiques. Le projet ouvrira également la voie à des activités connexes, notamment dans les secteurs de la construction, de la mécanique, de la production de pièces détachées et de la logistique, tout en créant des milliers d’emplois.
Contribution accrue du Sud au tissu industriel national
L’expert en économie Abdelkader Slimani affirme que l’exploitation de Gara Djebilet offrira aux wilayas du Sud un rôle central dans le tissu industriel national. L’émergence d’une base productive liée à l’industrie sidérurgique renforcera la production locale et soutiendra les chaînes de valeur nationales, permettant à l’Algérie de mieux contrôler le marché du fer et d’élargir ses capacités d’exportation.
L’implantation d’usines de traitement dans plusieurs wilayas créera une dynamique industrielle sans précédent dans la région. Elle fournira la matière première aux industries nationales, réduira la dépendance aux importations et favorisera le développement de nouvelles industries de transformation utilisant le fer comme composant clé.
L’expert et directeur de l’École supérieure de commerce (ESC) de Koléa, Ishak Kherchi, dira que l’exploitation de la mine générera une valeur ajoutée importante, réduira la facture des importations et renforcera la compétitivité du secteur sidérurgique local. Elle permettra également la création d’emplois et contribuera au développement global du Sud.
Cependant, il insiste sur la nécessité de sécuriser les infrastructures adaptées au projet, notamment en matière d’approvisionnement en eau, en énergie et en logistique, afin de réduire les coûts de transport et garantir la continuité des approvisionnements pour les unités industrielles sidérurgiques.
Une nouvelle ère pour le rail
Pour valoriser et transporter le minerai extrait, un projet de ligne ferroviaire reliant Béchar, Tindouf et Gara Djebilet, sur une distance de 950 km, a été lancé. Il comprend trois tronçons, Béchar–Hammaguir (200 km), Tindouf–Oum El Assel (175 km) et Hammaguir–Oum El Assel–Tindouf–Gara Djebilet (575 km). La ligne ferroviaire Tindouf–Béchar, dont l’inauguration est attendue prochainement, constitue un maillon essentiel pour la rentabilité du projet minier. Le transport par rail permettra de réduire considérablement les coûts, tout en assurant des flux réguliers vers les usines de traitement et le complexe Tosyali. Il garantit ainsi une montée progressive de la production sans obstacles logistiques.Ce projet ferroviaire est également stratégique pour sécuriser le transport du minerai et attirer des investissements dans le Sud, en facilitant le commerce et en reliant les projets industriels aux débouchés logistiques. Grâce à sa proximité avec le poste frontalier de la Mauritanie, Tindouf pourrait devenir une porte d’entrée vers les marchés d’Afrique de l’Ouest.
En conclusion, la mine de fer de Gara Djebilet, l’une des plus grandes mines à ciel ouvert au monde, avec des réserves estimées à environ 3,5 milliards de tonnes, s’apprête à devenir un moteur de développement pour l’Algérie. Son exploitation, prévue au premier trimestre 2026, représente une étape majeure vers la souveraineté économique, la diversification des ressources et la consolidation d’une industrie sidérurgique nationale.
F.Houali
