Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a affirmé, hier, que les décisions prises récemment par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en faveur de la mécanisation agricole auront un impact « considérable » sur la productivité du secteur.
Intervenant lors d’une journée d’étude consacrée à l’intégration des résultats de la recherche scientifique dans les filières céréales et légumineuses, organisée par l’Office algérien professionnel des céréales (OAPC), le ministre a expliqué que les mesures annoncées permettront notamment d’équiper les agriculteurs en machines modernes, dont des tracteurs et des moissonneuses.
« Le fait que ce sujet soit étudié au niveau présidentiel est une preuve de l’importance majeure que l’État lui accorde », a-t-il souligné, rappelant que la mécanisation est étroitement liée à l’augmentation de la productivité.
Des pertes de production évitables
Selon le ministre, la généralisation de la mécanisation devrait permettre de réduire les pertes, estimées entre 10 et 20 % chaque saison de récolte, en raison de retards dans les opérations ou de l’utilisation d’équipements inadaptés.
Pour renforcer la filière céréalière, le gouvernement mise également sur l’augmentation de la productivité des terres. Le ministre a indiqué que l’objectif est de passer de 15 quintaux à 30 quintaux par hectare, grâce notamment à l’utilisation de technologies modernes et à la modernisation de l’agriculture.
Semences adaptées et fertilisation : des axes clés
Outre la mécanisation, l’utilisation de semences résistantes au stress hydrique est présentée comme un levier essentiel. Un plan d’action est en cours de déploiement pour introduire de nouvelles variétés, adaptées aux caractéristiques climatiques de chaque région.
Le ministère prévoit aussi de renforcer l’usage des engrais azotés, jugé « faible » en Algérie, et d’assurer leur conformité via la création de laboratoires d’analyse, en coordination avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Rotation des cultures et soutien aux légumineuses
Pour préserver la fertilité des sols, le ministre a insisté sur l’importance des rotations culturales. Dans ce cadre, l’OAPC lancera cette année un programme de soutien à la culture des légumineuses pour les producteurs de blé, incluant la fourniture de semences, un accompagnement technique et une garantie d’achat de la récolte.
La réforme du soutien agricole
Le ministre a également annoncé le lancement prochain d’une chaîne TV et d’une web TV destinées aux agriculteurs, afin de diffuser des conseils techniques et promouvoir l’irrigation. Le secteur vise à atteindre 500 000 hectares de terres irriguées.
Par ailleurs, le gouvernement œuvre à l’élargissement des assurances agricoles pour couvrir de nouveaux risques liés au changement climatique, tels que la sécheresse et la hausse des températures.
Sur le plan financier, le ministre a souligné le faible niveau de crédit accordé au secteur, qui représente 15 % du PIB mais ne capte que 3,4 % des crédits bancaires. Il a appelé à une augmentation des financements, notamment pour soutenir la mécanisation.
Enfin, Oualid a insisté sur la nécessité de revoir les systèmes de subvention destinés aux agriculteurs. Il a indiqué qu’un consensus a été dégagé à ce sujet à l’issue de ses rencontres avec les représentants de la Chambre nationale d’agriculture et de l’Union nationale des paysans algériens.
La révision de la politique de subvention viserait à soutenir la production plutôt que les intrants, afin de rationaliser les ressources financières de l’État et de renforcer les capacités des véritables agriculteurs, tout en évitant que les matières premières subventionnées ne profitent aux opportunistes.
R.N/APS
