Les sociétés indiennes affichent un intérêt pour l’investissement sur le marché algérien.
L’hôtel Sheraton d’Alger a accueilli, jeudi, un Forum d’affaires algéro-indien consacré à l’industrie pharmaceutique. Cet événement s’inscrit dans le cadre d’une visite officielle d’une délégation représentant plus de quarante entreprises indiennes actives dans l’industrie pharmaceutique et la fabrication de médicaments, venue explorer les possibilités de partenariat et d’investissement avec les entreprises algériennes.
Dans une allocution du ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, lue en son nom par son conseiller Younes Bouarara, il a été souligné que cette rencontre inédite concrétise la volonté commune des dirigeants des deux pays de consolider les liens de partenariat. Le ministre a mis en exergue la stature mondiale de l’Inde, surnommée aujourd’hui la « pharmacie du monde », ainsi que le niveau d’excellence de l’industrie pharmaceutique algérienne, qui s’impose désormais comme un pôle régional de production et d’exportation. Il a également insisté sur l’importance capitale que l’Algérie accorde à l’expertise indienne dans la fabrication des matières premières et des principes actifs pharmaceutiques.
Deux projets annoncés
L’ambassadrice de l’Inde en Algérie, Swati Vijay Kulkarni, a affirmé que « l’Algérie est un partenaire clé de l’Inde et une véritable porte d’entrée vers l’Europe et l’Afrique ». « Cette visite témoigne de notre amitié et de notre volonté commune de renforcer un partenariat mutuellement bénéfique dans ce secteur stratégique. Pour l’Inde, reconnue comme la pharmacie du monde et l’une des économies à la croissance la plus rapide, l’Algérie demeure un partenaire précieux », a-t-elle déclaré.
La diplomate a également souligné que cet intérêt intervient dans le contexte de la dynamique actuelle de la coopération bilatérale. Elle a annoncé la préparation de deux projets de coopération : le premier concerne un partenariat entre des entreprises indiennes et le Centre algérien de bioéquivalence dans les domaines de la recherche et des études scientifiques ; le second porte sur un mémorandum d’entente relatif à la coopération dans le domaine des dispositifs médicaux.
Par ailleurs, en marge du forum, des rencontres d’affaires bilatérales (B2B) ont été organisées entre les opérateurs des deux pays pour explorer les opportunités de partenariat. Le programme du forum a mis en lumière les possibilités de coopération dans un large éventail de secteurs. Les participants ont eu l’opportunité de rencontrer des industriels indiens spécialisés notamment dans les formulations et ingrédients pharmaceutiques, les produits injectables parentéraux (à grand et petit volume, y compris les formes lyophilisées), l’oncologie et les médicaments de soins critiques, les principes pharmaceutiques actifs (API), ainsi que les formes pharmaceutiques orales et les technologies de libération modifiée.
Duo gagnant
Le secteur pharmaceutique offre de vastes et prometteuses opportunités aux entreprises algériennes et indiennes pour concrétiser des projets d’investissement conjoints et bâtir un partenariat durable et mutuellement avantageux, notamment à destination des marchés régionaux et africains. Avec plus de 240 usines pharmaceutiques en activité sur les 640 que compte le continent, sans compter les projets en cours de réalisation, l’Algérie est aujourd’hui devenue un pôle pharmaceutique africain incontesté.
L’industrie pharmaceutique indienne, surnommée la « pharmacie du monde », est le premier producteur mondial de médicaments génériques. Elle compte 3 000 entreprises et 10 500 unités de fabrication, exportant 70 % de sa production. Le savoir-faire indien représente une véritable opportunité pour bâtir des partenariats industriels structurants fondés sur le transfert de technologie.
Ce Forum constitue ainsi une véritable opportunité pour structurer et renforcer les relations de coopération industrielle avec des partenaires indiens de référence. L’objectif est de développer des partenariats durables, basés sur le transfert de savoir-faire, le partage d’expertise technologique et la montée en compétences locales, contribuant ainsi au développement de la production pharmaceutique nationale.
Saïd S.
