L’Algérie dispose d’un portefeuille foncier industriel destiné à l’investissement dans 756 zones industrielles et zones d’activités à travers 56 wilayas, dont 50 zones sont en cours de réalisation.
L’année 2026 s’annonce prometteuse pour l’industrie nationale, avec cinq grands projets annoncés en ce début d’année. Ces initiatives visent à redonner à l’industrie sa place dans le PIB. Lundi dernier, le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a précisé que l’Algérie « s’emploie à créer un climat favorable aux détenteurs de capitaux, nationaux et étrangers ».
Il a rappelé l’importance de la loi sur l’investissement, qui prévoit un ensemble de garanties et d’incitations pour gagner la confiance des investisseurs et garantir la pérennité de leurs activités. Parmi les principes clés figurent la transparence, la liberté d’investir, l’égalité entre opérateurs, la protection contre les changements législatifs, la liberté de transférer des capitaux pour les investisseurs étrangers et la protection des droits de propriété intellectuelle.
Le ministre a également souligné que des avantages ont été introduits pour certaines filières industrielles, notamment l’automobile, la production d’équipements électroniques et électroménagers, ainsi que pour les sociétés de sous-traitance.
L’Algérie dispose d’un portefeuille foncier industriel destiné à l’investissement dans 756 zones industrielles et zones d’activités à travers 56 wilayas, dont 50 zones sont en cours de réalisation. Ces projets renforceront la disponibilité du foncier dans 39 wilayas.
Dans l’industrie automobile, le groupe Stellantis prévoit d’ouvrir une usine de production de véhicules de la marque allemande Opel, dont le lieu n’a pas encore été défini. Cette usine, entièrement intégrée au réseau de production européen de la marque, répondra à la demande croissante du marché national. Par ailleurs, la marque JAC, spécialisée dans la production de véhicules utilitaires, a lancé sa production à Aïn Témouchent.
Le projet est porté par Emin Auto, représentant exclusif de JAC Motors en Algérie, dans sa zone industrielle de Tamazoura. Le premier véhicule assemblé est le camion JAC 1040S, disponible en versions simple et double cabine.
Cette production fait suite à l’obtention de l’agrément de production, attendu depuis plus de sept ans. Le complexe industriel s’étend sur 33 hectares et comprend quatre lignes de production dédiées aux véhicules utilitaires, une zone de douane pour l’homologation et des espaces pour le contrôle qualité. À terme, la capacité annuelle de production sera de 100 000 unités, avec un taux d’intégration locale commençant à 10 % la première année, pour atteindre 30 % à partir de la quatrième année.
L’usine générera environ 1 500 emplois directs et 2 000 emplois indirects. Une fois pleinement opérationnelle, 30 % de la production sera destinée à l’exportation, principalement vers les pays africains. Le DG d’Emin Auto, Nihat Yavuz Şahsuvaroğlu, a précisé que l’usine sera capable de produire 8 000 unités par mois.
Jusqu’à 20 millions de pneus par an
Une autre usine de pneus verra bientôt le jour à Temacine, située au sud de Touggourt. Le DG de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, a assisté à la pose de la première pierre de la troisième usine de pneus du pays, après celles de Tafraoui et d’Oum El Bouaghi.
Le projet de Temacine représente un investissement de 200 millions de dollars, avec une capacité de production de 5 millions de pneus par an. L’usine produira d’abord 2 millions de pneus pour poids lourds, puis, dans une seconde phase, 3 millions d’unités pour véhicules légers.
Implantée sur un terrain de 20 hectares, elle devrait créer 1 720 emplois directs. D’ici fin 2026, l’Algérie espère produire entre 19 et 20 millions de pneus par an, mettant fin aux pénuries récurrentes et réduisant la facture des importations.
Un partenariat avec EkoNiva
Le groupe russe EkoNiva prévoit également d’implanter un complexe laitier en Algérie. Une délégation dirigée par son PDG, Stefan Dürr, a récemment rencontré la PDG de Giplait pour discuter d’un partenariat dans la production laitière.
D’après Giplait, les deux parties ont exploré les possibilités de créer des fermes pilotes pour la production laitière. EkoNiva, qui se classe parmi les trois premiers producteurs mondiaux de produits laitiers, multiplie les rencontres avec Giplait pour finaliser ce partenariat. Aucun détail n’a encore été communiqué concernant les capacités de production ou les investissements nécessaires, mais l’intérêt pour le marché algérien est motivé par les opportunités locales et l’expansion de l’entreprise à l’international.
M.T.
