La transition vers le paiement électronique s’accélère en Algérie avec une mobilisation sans précédent des commerçants.
Le gouvernement a promis de venir en aide à l’ouverture de comptes bancaires pour les commerçants, de donner une explication détaillée des modalités de fonctionnement des TPE avec la mise en avant de moyens de paiement diversifiés pour les consommateurs.
À partir de janvier 2027, les commerçants bénéficieront d’exemptions de droits de douane et de TVA sur les kits d’installation de solutions de paiement numérique. Cette mesure vise à réduire drastiquement le coût d’adoption pour les petits et moyens commerçants algériens.
Le lancement du système de paiement mobile DZ MOB PAY en janvier 2025 offre des paiements simplifiés, rapides et sécurisés, avec une caractéristique fondamentale : tous les frais de transaction sont gratuits pour les utilisateurs et les commerçants. Cette approche du paiement électronique a déclenché une adoption massive parmi les petits commerces. Ces mesures visent à faciliter les transactions, moderniser l’activité commerciale et réduire progressivement l’usage du cash, tout en soutenant le pouvoir d’achat des citoyens.
Modernisation des points de vente
Depuis, des milliers de petits négociants, de propriétaires de commerces de détail et d’entreprises de services décident d’installer des solutions de paiement numérique, poussés par les incitations gouvernementales et l’émergence de systèmes de paiement innovants qui simplifient les transactions commerciales.
La ruée des commerçants algériens vers l’adoption des solutions de paiement électronique marque un tournant majeur dans la modernisation du secteur commercial du pays. Selon GIE Monétique, l’organisation assurant la supervision du système interbancaire algérien, le parc des dispositifs de paiement électronique connaît une expansion remarquable.
Le pays compte désormais près de 62.000 terminaux actifs, accompagnés de 4577 distributeurs automatiques et de plus de 77.576 points de vente disposant de systèmes de paiement numérique. Cette croissance reflète l’ampleur de la ruée des commerçants vers la modernisation de leurs points de vente. Les petits détaillants, traditionnellement attachés aux transactions en espèces, reconnaissent désormais que l’adoption des systèmes de paiement dématérialisé leur offre des avantages commerciaux tangibles : réduction des risques de vol, meilleure gestion de caisse, et accès à une clientèle plus large. Malgré cette dynamique favorable, les commerçants algériens font face à des obstacles dans leur transition vers le paiement électronique.
Réticence sur le paiement électronique
La fracture numérique entre les zones urbaines densément équipées et les régions rurales reste significative. Selon les données de marché, seulement 16% des adultes algériens utilisent régulièrement le paiement numérique, un taux bien inférieur à la moyenne régionale du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. La ruée des commerçants vers la dématérialisation des paiements dépendra donc aussi de la capacité à éduquer les consommateurs algériens aux bénéfices des transactions électroniques sécurisées.
À moyen terme, l’expansion continue du paiement électronique en Algérie pourrait transformer en profondeur la structure du commerce algérien, renforcer la base fiscale de l’État et générer des opportunités d’emploi dans le secteur des services financiers numériques. La modernisation du système interbancaire algérien achevée en 2025 avec l’introduction d’un commutateur national instantané consolide les fondations de cette transformation commerciale majeure.
Les clarifications de la Banque d’Algérie
Lors de sa rencontre dimanche dernier, avec une délégation de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a permis de lever plusieurs zones d’ombre et de recentrer le débat sur une priorité, faciliter l’accès aux TPE et accompagner leur généralisation sur le terrain.
La réunion a porté sur les «développements urgents» affectant le marché national et leurs répercussions directes sur l’activité commerciale et les services. Récemment, la Banque d’Algérie clarifié les inquiétudes liées aux anciennes directives bancaires de 2017 et ses décisions actuelles pour lever tout flou et rassurer les professionnels en supprimant ainsi les risques d’interprétation erronée ou d’alerte infondée sur des sanctions.
L’objectif est de garantir une transition harmonieuse vers le paiement électronique, de protéger les intérêts des professionnels et d’assurer la stabilité du marché national.
M.T
