Le secteur de l’énergie en Algérie a connu en 2025 une dynamique exceptionnelle, marquée par la signature d’accords stratégiques majeurs dans les hydrocarbures et par une accélération mesurée de la transition vers les énergies renouvelables et l’hydrogène vert.
Selon un rapport de la plateforme spécialisée «Taka», l’année a été dominée par une intensification des activités d’exploration et par l’attraction d’investissements étrangers destinés à consolider les réserves nationales de pétrole et de gaz, tout en soutenant les ambitions exportatrices du pays.
Une offensive sur l’exploration onshore
L’axe central de la stratégie énergétique algérienne en 2025 a porté sur l’exploration onshore. L’appel d’offres relatif à la compétition internationale « Algeria Bid Round 2024 » s’est soldée par l’attribution de cinq blocs sur six, mobilisant un investissement minimal de 936 millions de dollars. Ces contrats, d’une durée pouvant atteindre 30 ans, incluent sept années dédiées à l’exploration.
Huit compagnies internationales, dont TotalEnergies, Eni, QatarEnergy, Sinopec et ZPEC, ont remporté ces permis répartis entre les bassins d’Illizi, de Berkine, d’Ahnet-Gourara et de Timimoun. Les ressources visées sont estimées à près de 700 milliards de mètres cubes de gaz et 562 millions de barils de pétrole brut.
Les réserves pétrolières algériennes sont, quant à elles, demeurées stables à 12,2 milliards de barils à la fin de 2025.
Partenariats stratégiques et percée offshore
Parallèlement, Sonatrach et l’italienne Eni ont conclu un contrat de partage de production de 30 ans pour le développement du périmètre de Zemoul El Kébir, dans le bassin de Berkine, avec un investissement de 1,35 milliard de dollars.
Autre avancée notable : la signature d’un accord entre l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft) et l’américaine Chevron pour l’étude et l’évaluation du potentiel pétrolier offshore de l’Algérie. Cette initiative prépare le terrain à de futures campagnes d’exploration maritime, avec des appels d’offres internationaux attendus dès 2026.
Un partenariat majeur avec l’Arabie saoudite
L’un des faits marquants de 2025 reste la conclusion d’un accord qualifié d’historique entre Sonatrach et la société saoudienne Midar Energy North Africa pour l’exploitation du périmètre « Illizi Sud ». D’un montant estimé à 5,4 milliards de dollars, ce contrat pourrait s’étendre sur 40 ans et prévoit une production totale proche de 1 milliard de barils équivalent pétrole.
Dans le même temps, la société égyptienne Petrojet, en consortium avec l’italienne Arkad, a décroché un contrat de plus d’un milliard de dollars pour le développement de la seconde phase du champ de Hassi Bir Rkiz, dans le bassin de Berkine.
Production pétrolière sous contrainte
Malgré cette effervescence, la production pétrolière algérienne est restée encadrée par les engagements pris dans le cadre de l’OPEP+. En 2025, elle s’est établie en moyenne à 934 000 barils par jour, faisant de l’Algérie le troisième producteur africain.
Transition énergétique et hydrogène vert
Sur le front des énergies renouvelables, m’Algérie a poursuivi le déploiement de son programme solaire. En mars, une centrale photovoltaïque de 80 MW a été lancée à Abadla, dans la wilaya de Béchar, dans le cadre d’un plan national visant 3 GW de capacités supplémentaires.
La capacité installée en énergies renouvelables a ainsi atteint environ 619 MW en 2025. Le pays a également renforcé sa coopération internationale avec le lancement du projet TaqatHy+, financé par l’Union européenne et l’Allemagne, et par son engagement dans le «SoutH2 Corridor», destiné à approvisionner l’Europe en hydrogène vert.
En rejoignant officiellement l’Alliance africaine pour l’hydrogène vert, l’Algérie confirme son ambition de devenir un acteur clé de la transition énergétique régionale et euro-méditerranéenne.
R.E
