Les prochaines élections législatives s’annoncent âprement disputées avec la participation quasi certaine des formations du camp démocratique. L’actuelle Assemblée nationale est exclusivement dominée par le camp islamo-conservateur, à la suite du boycott des partis d’opposition.
Quatre partis du camp démocratique parmi les plus connus – à savoir le FFS, le RCD, le PT et Jil Jadid, qui vient de nommer un nouveau président en remplacement de Sofiane Djilali – ont décidé de prendre part aux prochaines élections législatives, prévues au premier semestre 2026, après les avoir boycottées jusqu’ici.
Mais qu’est-ce qui a motivé ces décisions, poussant ces formations politiques à daigner se représenter à cette échéance ? La crainte de disparaître définitivement du champ politique ? Les assurances données par les autorités publiques ont-elles joué en faveur de cette participation ?
Les justifications des partis
À quelques jours d’intervalle, ces quatre partis ont ainsi annoncé leur intention de participer aux futures batailles électorales. Pour le FFS, la décision de s’engager activement dans les prochaines législatives et locales de 2026 « n’est ni une option de circonstance, ni un calcul électoraliste étroit : c’est un choix de conviction et de responsabilité».
Le RCD justifie sa démarche en affirmant qu’elle «n’est ni une caution ni un renoncement, mais un choix de lutte, fondé sur l’analyse du rapport de forces et sur la volonté de ne pas abandonner le champ politique aux forces de l’allégeance, de l’immobilisme et de la régression». De son côté, le PT de Louisa Hanoune a tranché la question en rappelant que l’élection «est le moyen permettant au peuple de choisir ses représentants aux assemblées élues et de transmettre ses préoccupations», appelant les Algériens à «participer massivement aux prochaines échéances».
Quant au parti fondé par Sofiane Djilali, il se dit convaincu que l’action politique «pacifique» et «organisée» demeure un outil «essentiel du changement démocratique et de la construction de l’État de droit».
Un déséquilibre flagrant a marqué la mandature actuelle, où l’absence de toute voix contraire s’est fait sentir. Une partie de la population n’était pas représentée au sein de l’Assemblée, ce qui a considérablement appauvri les débats internes. À eux seuls, ces formations détenaient précédemment plus de soixante sièges. Même en effectif réduit, l’opposition aura l’opportunité de porter la parole de ceux qui sont privés de voix au chapitre. Ainsi, le retour de ces partis devrait renforcer la gouvernance démocratique. Au-delà des dispositifs de participation prévus par la réglementation, l’engagement ne peut se mesurer qu’à l’aune de sa reconnaissance et de la capacité de ces acteurs à peser sur la transformation de la réalité.
La peur de disparaître définitivement de la scène politique, après cinq ans d’absence et face au risque de dissolution ou de démobilisation de leur base, a été un moteur clé de la décision de ces partis de participer aux élections. Si leur retour pourrait favoriser une réconciliation avec l’électorat, il comporte aussi un risque de désenchantement, leur mission s’annonçant difficile au sein d’un Parlement largement critiqué pour son manque de substance politique.
Un cadre électoral plus strict en 2026
Les prochaines législatives (2026) devraient se dérouler dans un cadre nettement plus strict que les scrutins passés. Grâce aux nouvelles règles, notamment l’article 94 du code électoral, seuls les partis et personnalités disposant d’un réel ancrage local et d’un potentiel de mobilisation pourront concourir.
Si les partis politiques ont été consultés pour formuler des propositions sur la loi électorale, les attentes de changement sont limitées. Le président Tebboune a en effet annoncé que la révision à venir serait essentiellement technique. L’un des ajustements majeurs concernera le transfert de certaines prérogatives logistiques de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) vers l’administration du ministère de l’Intérieur. La révision du code électoral est imminente.
Mahmoud Tadjer
