La lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme ne peut se limiter à des déclarations. Elle repose sur des pratiques concrètes, des sanctions appliquées et un contrôle effectif des institutions financières.
La Chambre Nationale des Commissaires aux Comptes (CNCC) organise, depuis hier à l’Hôtel El Aurassi, la 10ᵉ édition des Assises nationales des commissaires aux comptes.
Placée sous le thème : « Le rôle de la profession d’audit et de comptabilité dans l’appui à la sortie de l’Algérie de la liste grise du GAFI et la restauration de la confiance internationale », ces 10éme Assises nationales des commissaires aux comptes interviennent ans un contexte compliqué où le maintien de l’Algérie sur cette liste de surveillance renforcée continue de peser sur l’attractivité du pays, le coût du financement externe et la fluidité des relations bancaires internationales.
Dans son allocution d’ouverture, le président de la Chambre Nationale des Commissaires aux Comptes, Mohamed Yahiaoui, a indiqué que l’axe central de cette 10éme édition est la sortie de l’Algérie de la « liste grise » du Groupe d’Action Financière (GAFI), organisation internationale chargée de lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Pour le locuteur, la confiance internationale ne se décrète pas : « Elle se construit par des pratiques rigoureuses, la transparence et le respect strict des normes ».
Rappelant que le GAFI évalue non seulement la conformité des textes, mais surtout l’efficacité réelle de leur mise en œuvre, Mohamed Yahiaoui a indiqué que « la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme ne peut se limiter à des déclarations ; elle repose sur des pratiques concrètes, des sanctions appliquées et un contrôle effectif des institutions financières ».
Par leur vigilance, leur indépendance et leur expertise, les commissaires aux comptes sont au cœur de ce dispositif en garantissant que les mécanismes de prévention et de contrôle répondent aux exigences du GAFI. « Nous ne sommes pas de simples vérificateurs de chiffres ; nous sommes les garants de la crédibilité du système financier national et, par conséquent, de la confiance internationale », a-t-il insisté.
Pour Mohamed Yahiaoui, l’Algérie dispose d’un potentiel économique énorme. Toutefois, a-t-il précisé, ce potentiel ne peut se traduire en croissance durable et en partenariats internationaux solides qu’à condition de disposer d’une gouvernance financière solide et d’une profession comptable crédible.
Une feuille de route concrète
Le point d’orgue de cette 10ᵉ édition est la présentation officielle par la CNCC d’un «Livre blanc» stratégique pour redéfinir les standards de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Destiné aux professionnels et aux institutions, ce document synthétise les constats, recommandations et engagements de la profession, et propose une feuille de route concrète visant à renforcer la conformité réglementaire, la transparence financière et la crédibilité internationale de l’Algérie.
Selon le président de la CNCC, ce document constitue un outil pour les professionnels pour qu’ils parlent le même langage et appliquent les mêmes procédés et surtout avoir une lecture unifiée des textes réglementaire concernant la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Ce livre blanc se positionne comme un outil stratégique d’aide à la décision. A la croisée des enjeux réglementaires, technologiques et économiques, il esquisse les contours d’une conformité de nouvelle génération, conçue non seulement pour répondre aux exigences actuelles, mais aussi pour anticiper les défis futurs du système financier.
Consolider le rôle de la CNCC
À travers ces Assises, la CNCC entend réaffirmer le rôle central du commissaire aux comptes en tant qu’acteur de prévention, auxiliaire de justice et garant de la confiance financière.
Les Assises réunissent, sur deux journées de travaux, plus de 35 intervenants nationaux et internationaux, totalisant plus de 15 heures de débats et d’échanges réparties entre 10 conférences thématiques et 5 panels stratégiques. Cette diversité d’acteurs favorise une approche globale et concertée des enjeux liés à la gouvernance financière.
A l’issue de ces deux journées, des recommandations structurantes à l’horizon 2026 seront formulées, accompagnées d’engagements professionnels et d’une nouvelle charte de confiance.
Saïd S.
