Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, a mis en avant la nécessité de renforcer la coopération internationale en matière de recouvrement des avoirs.
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, a pris part, hier, par visioconférence, aux travaux de la 11ᵉ session de la Conférence des États parties à la Convention des Nations unies contre la corruption, qui se tient à Doha, capitale qatarie.
Dans son intervention, le ministre a appelé au renforcement de la coopération internationale en matière de recouvrement des avoirs détournés, révélant que les autorités judiciaires algériennes ont adressé 54 demandes à 11 pays où se trouvent des fonds transférés à l’étranger, en vue de leur récupération.
Selon un communiqué du ministère de la Justice, le Garde des Sceaux a rappelé, dans son intervention, que l’Algérie figurait parmi « les premiers pays à avoir ratifié la Convention des Nations unies contre la corruption ».
Il a ajouté que « consciente des répercussions de la corruption sur la stabilité des sociétés et de ses effets négatifs entravant le développement durable des États, et dans le but de mettre en œuvre et de concrétiser le contenu de cette Convention, l’Algérie a promulgué en 2006 une loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, laquelle consacre un chapitre particulier aux dispositions et principes fondamentaux en matière de coopération internationale et de recouvrement des avoirs ».
Poursuivant, Lotfi Boudjemaa a exprimé « la volonté et l’engagement total de l’Algérie à poursuivre la mise en œuvre des dispositions de la Convention onusienne contre la corruption », soulignant qu’elle a « placé la lutte contre la corruption parmi les priorités de ses politiques nationales en vue de moraliser la vie publique et de renforcer les mécanismes de redevabilité dans le domaine de la prévention et de la lutte contre la corruption ».
L’Edification de l’Etat de droit
Le ministre de la Justice a précisé que « l’Algérie, sous la conduite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a instauré un climat politique et économique hostile à la corruption, fondé sur l’édification d’un État de droit, de loi et d’institutions efficaces et compétentes, tout en adoptant une approche globale reposant sur le travail conjoint avec les acteurs de la société civile ».
A cet égard, il a mis en avant la vision de l’Algérie quant à « la nécessité d’accorder une importance primordiale à la coopération internationale en matière de recouvrement des avoirs, en tant qu’objectif principal de la Convention contribuant au soutien des efforts des États pour atteindre les objectifs de développement durable ».
À ce propos, il a « révélé que les autorités judiciaires algériennes ont adressé 54 demandes à 11 pays où se trouvent les fonds transférés à l’étranger, dans le but de les récupérer ». Il a poursuivi en déclarant que « mon pays espère que les États sollicités répondront favorablement à ces demandes, qui ont déjà connu une réaction partielle de la part de certains, afin de parvenir à une coopération internationale efficace, efficiente et rapide ».
Un appui à l’initiative StAR
Lotfi Boudjemaa a également affirmé que l’Algérie « a encouragé l’assistance fournie par les réseaux internationaux», à l’instar de l’initiative StAR ( Stolen assets recovery), une procédure signifiant rapatriement des biens dans un pays, et du Forum mondial sur le recouvrement des avoirs, en raison de leur plus grande efficacité et de leur meilleure capacité de réponse aux exigences de la coopération internationale ».
Le ministre de la Justice a conclu en « renouvelant la position de l’Algérie concernant la deuxième phase de l’examen, en réaffirmant son attachement aux principes directeurs du cadre de référence régissant le mécanisme d’examen, tout en tenant compte du contexte général, et en insistant sur le caractère gouvernemental de ce mécanisme, ainsi que sur la nécessité de fonder la prochaine phase sur les résultats de l’évaluation de la première phase, incluant les réalisations accomplies à la lumière des observations et des bonnes pratiques dégagées ».
Il convient de noter que l’Algérie participe à cet événement mondial en présentiel. En effet, la présidente de la Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption, Salima Mesrati, prend part à cet événement international à la tête d’une importante délégation, composée de représentants de plusieurs secteurs nationaux concernés par les questions de gouvernance et de lutte contre la corruption.
La conférence se tient sous le thème « Façonner l’intégrité de demain », et met l’accent sur sur la lutte contre les menaces nouvelles et émergentes dans le domaine de la lutte contre la corruption, ainsi que sur le renforcement de la coopération internationale afin de faire face à la complexité des activités criminelles à l’ère actuelle.
Synthèse Badis B.
