Les interventions des députés à l’Assemblée populaire nationale, lors de l’examen du projet de loi sur la circulation routière, ont salué l’initiative du gouvernement, en appelant à renforcer davantage l’approche préventive et les mécanismes d’application de la loi.
Le député Hamza Zeghimi a qualifié le projet de «loi vitale», soulignant qu’il ne s’agit pas de simples dispositions réglementaires, mais d’un véritable «projet de salut national».
Selon lui, les accidents de la route ont atteint un niveau alarmant, coûtant des vies humaines, occasionnant des pertes considérables pour le Trésor public et laissant «une plaie ouverte dans le corps de la société». Il a estimé que ce texte constitue une réponse nécessaire à une réalité amère, révélatrice des insuffisances de la politique de sécurité routière en vigueur, malgré les multiples interventions passées.
Dans ce sens, Hamza Zeghimi a salué l’approche globale et dissuasive adoptée par le projet, fondée sur la rigueur, l’élargissement du champ des responsabilités et la recherche d’une réelle efficacité.
Il a toutefois insisté sur le fait que le cadre juridique, aussi solide soit-il, doit être accompagné de mécanismes concrets garantissant son application effective et son alignement sur les normes internationales.
Abordant la question des sanctions, le député a estimé que la révision des amendes financières constitue un pas important, mais limité, appelant à une meilleure proportionnalité entre la nature de l’infraction et son degré de dangerosité.
Il a notamment plaidé pour la révision de certaines sanctions administratives, telles que les amendes élevées liées au retard dans la restitution des cartes d’immatriculation retirées de la circulation, estimant que la rigueur maximale doit être réservée aux actes présentant un danger réel et immédiat, comme la conduite d’un véhicule techniquement non conforme.
«L’objectif est d’éliminer le danger sur la route, et non de sanctionner un simple retard administratif», a-t-il souligné. Il a également proposé l’instauration d’un examen médical psychologique périodique obligatoire pour les conducteurs de poids-lourds et de transports collectifs, considérant le facteur humain comme la clé de la sécurité routière.
Pour sa part, le député Azzedine Zahouf a salué le projet de loi et jugé nécessaire le durcissement des sanctions à l’encontre des responsables d’accidents de la route.
Il a toutefois appelé à aller au-delà d’une logique de traitement des accidents après leur survenance, en adoptant une vision davantage orientée vers la prévention.
Dans cette optique, il a proposé l’introduction d’un article additionnel engageant l’État à mettre en œuvre un programme national d’amélioration de la conception des routes et à traiter l’ensemble des points noirs routiers dans un délai de trois ans.
Un instrument complet de régulation
Le député a également dressé un constat de l’état des infrastructures et du parc automobile national, qu’il a qualifiés de vétustes.
Il a évoqué la pénurie de pièces de rechange, allant jusqu’à toucher les pneumatiques, et a insisté sur la nécessité de généraliser la numérisation et l’unification des bases de données.
À ce titre, il a proposé la création d’une plateforme numérique nationale unifiée des données de la circulation, destinée à analyser scientifiquement les schémas d’accidents et à définir les priorités d’intervention.
De son côté, le député Riyad Hannachi a estimé que ce projet de loi constitue une «véritable mutation qualitative», passant d’un simple texte administratif à une loi globale traduisant une volonté politique claire de freiner la recrudescence des accidents de la route, de renforcer la sécurité publique et de protéger les citoyens.
Selon lui, la force du projet réside dans le fait qu’il ne se limite pas à la répression des infractions, mais intègre des dimensions préventives, éducatives et pénales, en faisant un instrument complet de régulation et d’amélioration du comportement routier.
Dans l’ensemble, les interventions des députés ont convergé vers une même conviction : la lutte contre l’insécurité routière nécessite une approche intégrée, combinant rigueur juridique, prévention, amélioration des infrastructures et responsabilisation de l’ensemble des acteurs, afin de préserver des vies humaines et de renforcer la sécurité sur les routes.
I.K
