Le Président Tebboune a signé la Loi de Finances 2026, un texte budgétaire ambitieux axé sur trois priorités : soutenir le pouvoir d’achat, dynamiser l’économie et garantir l’approvisionnement du marché.
Pour stabiliser les prix et protéger les consommateurs, la loi prolonge jusqu’à fin 2026 des exonérations fiscales et douanières sur des produits de base essentiels, tels que l’huile de soja, le café, les légumes secs et les viandes.
Elle maintient également un taux douanier réduit de 5% pour l’importation de bétail et de viandes fraîches, et étend les exonérations à la vente d’une gamme variée de produits alimentaires, dont le riz, les fruits et légumes frais, les œufs et les volailles locales.
Des mesures ciblées accompagnent ces prolongations. L’huile de soja brute sera exemptée de droits de douane et de TVA, avec une obligation forte pour les importateurs et transformateurs de produire localement ou de s’approvisionner sur le marché national avant le 31 décembre 2026.
Le café importé sera, quant à lui, exonéré de TVA et de taxe intérieure de consommation, avec un droit de douane plafonné à 5%. Enfin, pour l’Aid El Adha, les têtes ovines vivantes importées pour l’abattage entre le 15 avril 2025 et le 30 juin 2026 seront exemptées de tous droits de douane et taxes, dont la TVA.
La Loi de Finances 2026 concrétise plusieurs engagements majeurs en matière de logement, de transport et de transition énergétique. Pour le logement, l’État soutient financièrement la construction de 300 000 logements en location-vente pour 2026, dans le cadre de l’objectif de 2 millions de logements d’ici 2030. Le Trésor public prendra en charge à 100% les intérêts et la bonification des taux des prêts.
De plus, les occupants de logements sociaux locatifs auront jusqu’à fin 2026 pour déposer leur demande d’achat. Concernant les transports, la loi accorde une exonération totale de tous droits et taxes pour l’importation de 10 000 véhicules de transport de personnes (10 places ou plus), afin de renouveler le parc. Enfin, pour promouvoir les énergies renouvelables, les droits de douane sur les chauffe-eaux solaires domestiques sont réduits de moitié, passant de 30% à 15%.
Une croissance soutenue et diversifiée
La Loi de Finances pour l’année 2026 s’appuie sur des prévisions macroéconomiques optimistes pour la période 2026-2028, confirmant la trajectoire de diversification de l’économie nationale hors hydrocarbures.
Les projections indiquent une croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) de 4,1% en 2026, pour une valeur courante de 41 878,3 milliards de dinars algériens. Cette croissance devrait s’accélérer pour atteindre 4,4% en 2027, avec une valeur de 45 018,4 milliards DA, puis 4,5% en 2028, portant le PIB à 48 395,7 milliards DA.
La dynamique du PIB hors hydrocarbures est encore plus marquée, avec une croissance projetée à 4,9% en 2026, pour une valeur de 36 286,5 milliards DA. Elle se maintient ensuite à un rythme soutenu de 5,0% en 2027 (39 578,3 milliards DA) et en 2028 (43 117,8 milliards DA).
L’analyse par secteur d’activité révèle des performances variées. Le secteur des hydrocarbures devrait connaître une stagnation en 2026, avec une légère contraction de -0,3% pour une valeur de 5 591,7 milliards DA, avant une reprise modérée de +0,9% en 2027 et +0,4% en 2028.
À l’inverse, les secteurs hors hydrocarbures affichent des perspectives robustes. L’agriculture est attendue en croissance de 5,4% en 2026 (6 126,1 milliards DA), puis de 5,7% en 2027 (6 737,7 milliards DA) et de 5,2% en 2028 (7 378,7 milliards DA). Le secteur des industries affichera une croissance solide et stable, projetée à 6,3% en 2026 (2 619,4 milliards DA), 6,1% en 2027 (2 902,1 milliards DA) et à nouveau 6,3% en 2028 (3 203,8 milliards DA).
La construction maintient une hausse soutenue autour de 5,1% en 2026 (5 811,6 milliards DA), 5,0% en 2027 et 5,2% en 2028. Enfin, le vaste secteur des services progresse constamment, avec une croissance de 4,9% en 2026 (19 457,8 milliards DA), 5,0% en 2027 et 5,1% en 2028.
Synthèse A.M.
